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secret, « de mettre ce religieux dans les prisons du saint office jusqu'à ce qu'il eût corrigé cet ouvrage *. » Aussi les théologiens gallicans ne tenaient-ils aucun compte, à cette époque, des corrections doctrinales provenant de la curie romaine, comme entachées de violence et d'erreur.
L'affaire du Père Buhy du couvent des carmes de la place Maubert à Paris, est bien connue. Ce Père s'était prononcé contre le pape dans une thèse publique soutenue le 4 décembre 1681, à l'occasion de la régale; le pape, irrité que ce Père l'eût déclaré soumis aux canons, l'interdit. Le 25 janvier 1682, Louis XIV défendit d'exécuter cet interdit, et le Père Buhy s'enfuit à Lyon, où il prêcha publiquement. Rome le déclara incapable de toutes fonctions ecclésiastiques et privé de voix aclive et passive dans les élections. Ce décret de Rome ayant été lu en plein chapitre par ses supérieurs le 4 avril et enregistré dans les formes ordinaires, le parlement prit la défense du Père Buhy, cita le prieur avec ordre d'apporter les registres du couvent, et rétablit d'autorité le Père Buhy dans ses fonctions de lecteur de théologie.
Malgré l'antipathie et la méfiance que la curie romaine en général et Innocent XI en particulier nourrissaient contre le clergé français et contre les doctrines gallicanes, cependant Innocent XI lui-même convint plusieurs fois, ainsi que plusieurs de ses cardinaux, que les ecclésiastiques de France étaient instruits. Par exemple, le 20 avril 1681, l'abbé de la Pérouse eut avec le pape un entretien qu'il raconta lui-même ainsi : « Le pape me dit qu'il avait toujours fait grand cas de la Sorbonne, qu'il l'estimait comme un boulevard de la foi, et que, voyant à ses pieds un docteur de Sorbonne, de tout son cœur il me donnait la bénédiction apostolique pour toute l'assemblée de mes confrères, qu'il m'accordait aussi pour tous la même indulgence qu'il m'avait donnée, et