Le duc d'Estrées au roi, le 16 septembre
2. Le cardinal d'Estrées au roi, le 3 juin 1687 (Correspondance de Rome, t. CCC1V, p. 130-151).
3. Le même au même, le 17 juin 1687 (ibid., p. 176-200. — Le 1er juillet, p. 250-266.— Le 8 juillet, p. 270-283).
A. Servient, Mémoire du 27 décembre 1G79 (ibid., t. CCLXIH, p, 235-238),
juridiction en France qui soit contraire ou préjudiciable aux droits de la couronne et immunités de l'Église gallicane l. » — La bulle du 25 juin 1665, par laquelle Alexandre VII condamna les censures portées par la faculté de Paris contre la doctrine ultramontaine des ouvrages de Jacques Vernant, carme, et de Guillaume de Moïa (A madœus Guimenius), jésuite, cette bulle, dis-je, loin d'avoir été reçue en France, fut supprimée le 29 juillet suivant par arrêt du parlement. Le Père Vernant avait enseigné l'infaillibilité du pape, et la faculté de théologie de Paris était si hostile à cette doctrine, qu'elle enregistra l'arrêt du parlement contre cette bulle2. A la fin de septembre 1682, le pape Innocent XI invoqua contre les doctrines de l'assemblée de 1682 cette bulle d'Alexandre VII; mais les d'Estrées n'en tinrent aucun compte 3.
Les gallicans même modérés, voyant le pape violer à son profit le concordat, inclinaient à ce que la France revînt aux anciens canons et aux règlements de la Pragmatique Sanction de Bourges (1438-1515). «Le pape, écrivait l'ancien intendant Fautrier, viole tous les canons de l'Église par sa conduite, laquelle nous inquiète. Si nous pouvions en être quittes pour cela, nous laisserions à la justice de Dieu le soin de le punir, ou à sa miséricorde le soin de le corriger; mais je crains que nous ne soyons châtiés de ses fautes, car tout est contre nous et peut-être que populi non meditati sunt inania. »
Presque tous les parlements de France ont rendu des arrêts contre les entreprises ecclésiastiques et nomméme contre les papes, contre leurs émissaires et contre leurs ministres. Cette opposition des parlements contre les agissements de la papauté a été appelée du nom de gallicanisme parlementaire, comme pour le mettre en