‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 189 sur 373 · Le texte latin se trouve au t. CCCXX, p · texte numérisé non relu

Le texte latin se trouve au t. CCCXX, p

nuisait à la France et à l'Église de France. Le duc d'Estrées, le marquis de Lavardin, l'abbé de Servient insistèrent particulièrement auprès du roi et de ses ministres, pour que les recours au pape, les lettres des évêques au pape, les visites des évêques ad limina apostolorum, les voyages des ecclésiastiques à Rome et tous les rapports de ce genre fussent raréfiés le plus possible. Complétons par quelques détails ce qui a déjà été dit sur ce sujet.

Le 27 août 1677, Pomponne écrivit au duc d'Estrées : « Le nonce rendit, il y a deux jours, à Sa Majesté un bref du pape, touchant les lettres que quelques évêques ont écrites à Sa Sainteté. Sur quoi je remets aussi k vous entretenir par le prochain ordinaire l. » Le 4 septembre suivant, Louis XIV manda de Versailles au duc : « Je vous envoie ma réponse au bref de Sa Sainteté, qui me fut remis par son nonce dans sa dernière audience. J'avais eu sujet de m'étonner que l'on crût que j'eusse voulu empêcher la communication des évêques de mon royaume avec le saint-siège, lorsque j'avais empêché seulement que l'on eût fait signer sous main une lettre circulaire. Ces sortes de mesures cachées entre des sujets ne se peuvent jamais souffrir, et c'est ce qu'il a été de ma prudence d'arrêter. Du reste, lorsque les évêques de mon royaume me communiqueront leur dessein et leur besoin de s'adresser au pape sur des matières de religion et de discipline, non seulement j'approuverai qu'ils le fassent, mais je les appuierai encore volontiers de mon autorité et de ma recommandation par mes ambassadeurs. » Louis XIV fit part au nonce de ces dispositions, et le nonce, déclarant cette conduite « pleine de justice, » se porta garant que le pape serait aussi de cet avis, dès que les sentiments de Sa Majesté lui seraient mieux connus 2.

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