‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 190 sur 373 · Ibid., t. CCLHI, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLHI, p

La pression que la curie voulut exercer sur Pévêque de Marseille, M. de Janson, pour l'amener à soumettre au pape un rapport sur son diocèse, est suffisamment connue. Mais les gallicans ne voulaient ni humilier ainsi la juridiction ordinaire des évêques devant les prétentions du pape, ni permettre à celui-ci d'exercer par ses nonces une sorte de juridiction ordinaire dans les diocèses de France. Ce dernier point avait son importance; on s'en aperçut plus tard, trop tard. En juillet 1686, l'abbé Pùcci, de la secrétairerie d'État, remit au cardinal d'Estrées un mémoire italien, dans lequel il se plaignait, de la part du pape, que Louis XIV eût défendu à ses sujets d'Alsace d'avoir aucun commerce avec le nonce de Lucerne *. Louis XIV répondit au duc d'Estrées, le 19 août suivant, qu'il maintenait sa défense, et qu'il voulait « que les nonces de Sa Sainteté n'exerçassent aucune juridiction dans son royaume 2. » Le 22 septembre, Louis XI V insista, en écrivant au cardinal d'Estrées : « Le pape ne peut disconvenir que jamais les nonces du saintsiège n'ont exercé de juridiction dans mon royaume3. »

Les gallicans ne reconnaissaient aux congrégations romaines aucune autorité en ce qui concernait la France. Louis XIV l'écrivit formellement au duc d'Estrées, le 25 juin 1678, comme un fait incontestable et incontesté en France 4; il le lui répéta le 12 juillet 5. Les décisions de ces congrégations étaient tenues pour nulles dans le royaume.

Les gallicans tenaient également pour nuls en France les décrets disciplinaires des conciles généraux, lorsque ces décrets n'y avaient pas été légalement reçus et promulgués. C'est ainsi que le cardinal d'Estrées rejetait ceux du deuxième concile de Lyon de 1274, du cin-

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