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sujet de se plaindre et qu'elle nommait mezzo heretiche *.»
Le duc explique ensuite que le cardinal son frère et lui, afin d'ôter au pape toute occasion de manifester son ressentiment contre les signataires de la déclaration, avaient estimé qu'il était mieux de s'abstenir, dans ce consistoire, de toute proposition d'évêcliés et d'abbayes pour la France. Puis il ajoute : « M. le cardinal d'Estrées parla fortement à M. le cardinal Cibo, après le consistoire, de la déclaration du cardinal de Luca, et le pria de représenter ce qu'il lui disait à Sa Sainteté. Sur quoi, M. le cardinal Cibo nous manda que Sa Sainteté était entrée d'elle-même sur cette matière (marque évidente qu'elle l'avait à cœur), et lui avait dit : Ils n'ont point voulu proposer d'Eglise de France; ils peuvent faire ce qu'ils voudront; nous ne disons pas que nous ne voulons pas donner des bulles aux sujets de Sa Majesté, mais c'est à nous d'examiner ceux qu'elle a nommés. » Le duc en appelle ensuite au concordat et dit qu'il a prié le cardinal Cibo de lui faire connaître sur ce grave sujet la doctrine positive de Sa Sainteté, afin qu'il puisse en faire part au roi. Puis il ajoute : « M. le cardinal Cibo nous manda hier au soir qu'il s'était acquitté ponctuellement de ce que j'avais désiré, et Sa Sainteté avait répondu qu'elle ne prétendait pas de faire des nouveautés ; que les ecclésiastiques nommés aux évêchés de Castres et de Clermont n'étaient pas di sana doctrina; que le texte du concordat, qui voulait que les nommés fussent déclarés idonei selon Rebuffe, était contre ces deux ecclésiastiques; qu'il fallait que les interrogatoires qui se faisaient dans le procès de ceux qui demandaient des bulles, fussent clairs selon les articles X et XII, et qu'il y avait une constitution d'Alexandre VII
1. C'était bien osé pour l'époque; mais c'est bien arriéré pour l'époque présente, où ces mêmes propositions sont tenues pour complètement hérétiques. Parmi les théologiens papistes, les uns appellent ce changement immutabilité du dogme, les autres progrès dans le dogme.
qui avait censuré la censure de la Sorbonne contre le livre de Jacques Vernant. »
Le 7, le duc d'Estrées ajouta : « Sire, la difficulté que le pape a faite touchant les bulles des ecclésiastiques qui ont été de l'assemblée du clergé continue, et j'aurai seulement l'honneur de dire sur ce sujet à Votre Majesté qu'il y a apparence que le pape n'a pas connu d'abord qu'il remuait une grande affaire et qui pouvait avoir des suites fâcheuses pour lui. Mais le mal est qu'il ne revient pas aisément de ce qu'il s'est mis une fois dans la tête (quoique sans raison). Soit que cette affaire lui donnât quelque embarras, ou que sa santé ne fût pas tout-à-fait bonne, car il était pâle et défait, il parut d'une humeur fort sombre durant toute la chapelle, tenue dimanche dernier pour la septième année de son couronnement. »
Cette affaire était, comme toutes les autres, transformée en intrigue, dont Servient dévoila ainsi les auteurs dans sa dépêche du 8 octobre : « J'ai su précisément presque tous les noms des docteurs qui ont été consultés par Favoriti, trois à trois, à l'insu les uns des autres, sur le dessein du pape de refuser les expéditions des bulles à ceux qui ont été de l'assemblée ou même à tous les Français. Le maître du sacré palais, nommé Possobonelli, en est; le commissaire du saint office est le second ; le troisième est le Père Maillard, Français, consulté séparément. Ces trois sont dominicains. Vanec est le quatrième, et un autre augustin qu'on n'a pas su nommer, les Pères Palavicin et Sparsa jésuites, et l'on m'a même nommé leur général, l'archevêque de Piossane autrefois bénédictin, deux Espagnols, -Favoriti et deux Français sans compter le Père Maillard.., qui ne sont ni dominicains ni jésuites... Je ne serais pas surpris si le procureur de Saint-Maur, nommé Flambard, en était, mais je ne le puis assurer. Ils prétendent encore d'avoir eu des consultations secrètes et par écrit, de Portugal, d'Espagne, d'Allemagne, de Flandre, de France et d'Italie, tant de plusieurs docteurs que des évêques, et que c'est sur
l'informilé (sic) de ces consultations que le pape s'est résolu l. »
Le 14 du même mois, le duc d'Estrées eut une audience, dont il rendit ainsi compte au roi le lendemain : « Comme le pape s'est adressé tantôt à M. le cardinal d'Estrées, tantôt à moi, pour ce qui regarde le pardon des chanoines exilés de Pamiers et des bulles de l'évèché, nous avons estimé qu'il était mieux que je traitasse cette matière avec le pape, dans laquelle nous prévoyions des duretés. Je voulus, avant que de venir à ce que Votre Majesté nous en avait mandé par ses dépêches du 18 septembre, faire souvenir le pape de la réponse de Votre Majesté, que je lui avais rendue à mon audience du 16 août, touchant le pardon des exilés qu'il m'avait demandé le 19 juin avec tant d'empressement et de si fortes instances, pour lui faire connaître, par la différence de celle-là avec celle que je lui portais, que Votre Majesté avait bien voulu lui donner une nouvelle et grande marque de sa considération. Après lui avoir bien et nettement expliqué par trois fois (car il me parut aux deux premières qu'il ne la comprenait pas, ou en faisait semblant pour songer à ce qu'il avait à me répondre). Effectivement, après que j'eus achevé de lui parler, il fut encore quelque temps sans me rien dire, et ensuite il me dit sans aucune chaleur et avec assez de douceur, au moins apparente, et même avec quelque sorte d'abattement (ce qui continua tant que nous parlâmes de cette affaire, hormis à un certain endroit) : que ce que demandait Votre Majesté ne se pouvait pas; qu'il fallait qu'il y eût un chapitre pour recevoir l'évêque; que celui qui était à Pamiers n'était pas légitime, et qu'ainsi je pouvais juger que Cerle et les autres exilés devaient être rétablis avant la venue de l'évêque. » Le duc reprocha alors au pape de ne pas tenir compte des bonnes intentions du roi dans cette affaire, et lui dit que « ce serait une espèce