Ibid., t. CCLXXX, p
6. Cette Histoire écrite en italien fut imprimée à Rome ; elle était
son avènement au pontificat, promit précisément au grand maître par un bref que les vacances, même in curia, vaqueraient au profit de la religion pendant tout son pontificat; et que cependant, le commandeur Ugolini étant mort à Florence quelque temps après, Sa Sainteté avait d'abord disposé de cinq commanderies vaquées par cette mort en faveur d'un neveu de son dépositaire ou trésorier secret, qui était ecclésiastique; et qu'ensuite le prieuré de Rome ayant vaqué par la mort du cardinal Salviati, elle en avait disposé en faveur du cardinal Alexandrin son neveu (depuis lequel ce prieuré de Home a passé jusqu'à ce jour de neveu en neveu de pape ecclésiastique sans discontinuation); que Pie V ne laissa pas même au trésor delà religion la jouissance ordinaire d'une année du revenu, sans considérer que son neveu avait été tiré des dominicains pour passer au cardinalat sans avoir été reçu dans l'ordre de Malte.., sans avoir égard aux excessives dépenses que le grand maître avait nouvellement soutenues à l'avantage de la chrétienté, non plus qu'à sa propre parole si clairement expliquée dans le bref dont ce même pape l'avait honoré; que le grand maître en écrivit au pape; que l'ambassadeur de Malte soutint ces plaintes; que Pie V en fut touché et résolut d'y remédier à l'avenir, mais qu'ayant su que l'ambassadeur avait rendu cette lettre de reproche trop publique, il ne voulut plus lui donner d'audiences, et qu'il fut même contraint de se retirer. » L'auteur de cette Histoire essaya, il est vrai, de justifier le manque de parole de Pie V, en remarquant que, s'il avait laissé vaquer les commanderies, on aurait perdu le droit d'en disposer en cour de Rome et que cette perte aurait fort nui au saint-siège. Mais on pouvait répondre, d'une part, que Pie V ne devait pas faire la promesse contraire, s'il ne devait pas la
rare. Cet extrait, qui était de la fin du troisième volume, fut communiqué au pape par le prélat de Luca (Correspondance de Rome, t. CCLVI, p. 146-152).
tenir, et, d'autre part, que, s'il devait nommer aux commanderies vacantes, il devait y nommer tout autre que son neveu, qui était parfaitement étranger à l'ordre de Malte et qui n'avait aucun droit à faire valoir.
En 1684, le Père Théophile, provincial des carmes d'Avignon, ayant fait une ordonnance contraire aux dispositions d'une bulle de Pie V, et le général de cet ordre ayant fait procéder contre ce provincial, le cardinal d'Estrées avertit Louis XIV, le 10 juillet de cette même année, que cette bulle n'avait pas été reçue en France1.
Les gallicans voulaient conserverie titre de patriarche dans l'Église de France. On lit, en effet, dans la dépèche du cardinal d'Estrées à Pomponne, du 14 janvier 1676 : « Jeudi passé, dans la congrégation consistoriale.., le titre de patriarche, que prend aussi M. de Bourges, attira quelque opposition. Cependant, comme il est qualifié tel dans un titre du droit canonique, la plupart dirent qu'il le fallait laisser passer 2. »
Servient enseigna aussi, contrairement à la doctrine de Rome, que les évêques avaient le droit de démissionner sans y être autorisés par le pape, attendu que l'épiscopat liait les évêques non au pape, mais à leurs Églises, et que c'était avec celles-ci, et non avec le pape, qu'ils devaient se mettre en règle 3. Son mémoire déjà cité, du 12 avril 1679, est formel sur ce point4.
Toutefois le gallicanisme, malgré ses oppositions contre l'ultramontanisme, ne songeait à s'accommoder ni avec le protestantisme proprement dit ni avec l'anglicanisme, bien qu'il eût avec eux plusieurs points de contact. Je n'ai point ici à retracer les relations et les essais de rapprochement qui eurent lieu à cette époque entre la France et l'Angleterre. Qu'il suffise de remarquer l'état d'esprit