Ibid.,t. CCLXXXI, p
3. Le cardinal d'Estrées au roi, le 14 janvier 1683 (ibld., t. CCLXXXV,p. 164-177).
mérite pas seulement des approbations, mais des éloges et l'admiration de tout le monde 4. »
Arnauld, tout en se détendant de vouloir rompre la paix de Clément IX, crut, en 1677, qu'il fallait attaquer la morale corrompue des jésuites; il espérait par là ruiner leur crédit auprès d'Innocent XI, et les châtier ainsi des persécutions latentes et ouvertes qu'ils s'efforçaient de diriger contre lui, contre Port-Royal et contre tout ce qui restait encore de jansénistes. De concert avec Nicole, il rédigea, au nom des évêques d'Arras et de Saint-Pons, une lettre dans laquelle un grand nombre de propositions immorales des casuistes étaient dénoncées au pape. Pavillon, évêque d'Alet, n'approuva pas le premier projet, et jugea que l'on devait seulement demander au pape la condamnation de la probabilité, qui était la source des immoralités des casuistes. On suivit cet avis et la lettre fut réformée. Pavillon et son ami l'évêque de Saint-Pons la signèrent et la renvoyèrent aux théologiens qui l'avaient rédigée, et qui s'étaient chargés de la faire signer à d'autres évêques. L'évêque d'Amiens, dont on demanda la signature, la fit connaître à Harlai, qui la représenta à Louis XIV comme une entreprise contre la paix; Louis XIV en fit écrire à Arnauld par Pomponne, et la cour prit des mesures pour arrêter les signatures. Un des plus illustres solitaires de Port-Royal, de Pontchàteau, se rendit à Alet, puis à Rome, où il remit au pape les pièces dont il était porteur, notamment plusieurs mémoires touchant la morale des casuistes, et Innocent XI envoya un bref fort élogieux à l'évêque d'Alet.
Rome prétendait avoir le monopole de la sainteté et de l'autorité; c'était, d'après la curie, le pape qui devait donner la dispense des canons, et les évêques n'avaient pas ce droit. L'évêque de Vannes ne fut pas de cet avis en 1680; il donna une dispense de mariage que le pape