Ce dernier Traité est d'Arnauld
2. Correspondance de Rome, t. CCLXVIII, p. 100-116. d.Ibid., t. CCLXXXÏII, p. 197-239.
Récit du PèrePeyra (ibid., t. CCC, p. 150-155).
Le 22 juin 1679, Servient dépêcha à Pomponne : «M. le cardinal Gybo me dit samedi, dans l'audience qu'il me donna, que M. l'archevêque d'Ambrun1 avait supprimé des fêtes dans son diocèse; que cela était fort étrange que nos évêques voulaient user despotiquemeut en toutes choses ; qu'il en ferait ses plaintes à M. l'ambassadeur ; et qu'enfin tant d'entreprises engageraient Sa Sainteté à prendre des mesures pour les arrêter. Je répliquai fort doucement que je n'en étais point informé, mais que je croyais que nos évêques estimaient de pouvoir faire ces suppressions quand ils en avaient de bonnes causes, et que feu M. l'archevêque deParis, ou celui-ci et plusieurs autres, enavaient usé de même. J'aurais pu répliquer à la réponse qu'il me fit qu'on avait ici désapprouvé cet archevêque, en le renvoyant à la 161e lettre de M. le cardinal Dossat, que Votre Excellence trouvera fort précise sur cette matière, puisque le pape Clément VIII ne voulut pas faire une pareille suppression qu'Henri le Grand lui demandait, parce qu'il prétendait lui-même que les évêques de France avaient cette autorité sans le secours de celle de Rome. Mais, à dire le vrai, je crus moins à propos de les éclaircir que de les laisser ici engager dans cette représentation, sur laquelle feu M. de Saintes fit composer un livre dans une pareille occasion2. »
D'autres suppressions de fêtes eurent lieu à Strasbourg. L'abbé Piatabon, vicaire général, voyant que plusieurs protestants de cette ville refusaient de se faire catholiques, parce qu'ils voulaient, disaient-ils, gagner leur vie par le
1. L'archevêque d'Embrun était alors Brulart de Genlis; fils d'un lieutenant générai des armées du roi, frère de trois colonels et d'un capitaine de vaisseau, il s'était fait dans son diocèse une réputation plus militaire qu'épiscopale. Il était au mieux avec Louis XIV. Il mourut en 1714, âgé de plus de quatre-vingts ans. « La maréchale d'Harcourt, dit Dangeau, était sa plus proche héritière et paraissait être fort bien avec lui; cependant il ne lui a laissé que dix francs, parce qu'il faut laisser quelque chose à ses héritiers naturels. Il avait beaucoup d'argent ; il donna beaucoup à des établissements de charité qu'il avait faits. »