Correspondance de Rome, t. CCLXI,p
travail et non pas chômer toutes les fêtes d'usage, crut qu'il était nécessaire de supprimer certaines de ces fêtes autorisées parla bulle d'Urbain VIII. A cette nouvelle, Innocent XI furieux lit écrire au nonce pour qu'il obligeât l'évêque de Strasbourg à révoquer cette suppression. Le. cardinal d'Eslrées avertit Louis XIV, le 19 février 1686, que cette bulle d'Urbain VIII n'était pas reçue en France ; que, dans le diocèse de Meaux, entre autres, quelques fêtes d'apôtres ne se célébraient pas, et qu'il n'y avait aucun décret de l'Église sur ce point. Il cita « la lettre du cardinal Dossat qui est la 1 61e, et qui dit que, ce cardinal ayant eu ordre de Henri IV de prier le pape de supprimer quelques fêtes dans le royaume pourdonner plus de moyen aux peuples de la campagne, diminués par les malheurs des guerres civiles, de cultiver les terres, dont plusieurs demeuraient en friche, Clément VIII lui avait répondu par trois fois, sans faire distinction des fêtes des apôtres ou d'autres saints, que c'était aux évêques à examiner l'état de leurs diocèses et à y remédier selon que les besoins leur paraîtraient pressants. »
Le cardinal d'Estrées rappela en même temps l'exemple de M. de Péréfixe, archevêque de Paris, et celui de l'évêque de Saint-Pons. Le premier ayant fait une ordonnance semblable sous Clément IX, M. Bargellini eut ordre de s'en plaindre au roi et de demander la suppression du mandement de l'archevêque. Comme le roi était bien avec ce pape, l'archevêque, pour faire plaisir à Sa Majesté, rétablit une ou deux fêtes d'apôtres seulement, mais sans révoquer ni son mandement ni les autres suppressions. Quant à l'évêque de Saint-Pons, il avait bouleversé tout son ancien calendrier, supprimé des fêtes de papes, qu'il avait remplacées par des fêtes locales. Le saint office jugea cette réforme condamnable ; mais néanmoins le pape ne voulut pas qu'on y touchât. La conclusion du cardinal d'Estrées était évidente : le vicaire général de Strasbourg avait raison l.