‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 21 sur 373 · Le même au même, le 29 octobre 1682 (ibid., p · texte numérisé non relu

Le même au même, le 29 octobre 1682 (ibid., p

3. Ce mémoire commence ainsi: «Userait difficile d'exprimer... » et finit par ces mots : «..qui n'ait jamais reçu d'atteinte dans son indépendance. »

y a nommés ont été de l'assemblée du clergé, ce qu'elle ne veut pas encore attribuer au propre mouvement de Sa Sainteté, mais à la continuation des artifices et de la malignité de ceux qui travaillent depuis quelques années à causer une rupture entre le saint siège et sa couronne, par les voies les plus odieuses qu'on puisse imaginer. Son étonnement n'a pas été moindre, quand elle a connu les motifs qui ont porté Votre Sainteté au refus qu'elle a fait, si opposé à la conduite de ses prédécesseurs et à tout ce qu'on a pratiqué depuis l'établissement du concordat, contrat solennel, stipulé non seulement entre les papes et les rois, mais entre le saint siège et le royaume, également inviolable aux parties et dont l'obligation est tellement réciproque, que l'un des deux n'y peut déroger selon toutes sortes de lois sans le consentement de l'autre, et que, par la contravention de Tune, l'autre n'est plus obligée de l'exécuter et rentre dans sa première liberté. C'est la condition essentielle de tous les contrats, encore plus autorisée et fortifiée dans celui-ci par le dernier article, qui contient une clause si forte et si expresse sur ce sujet. »

11 est dit encore que, d'après saint Grégoire, le pape doit approuver au terme de trois mois Yidoneum nommé; que les deux nommés aux évêchés de Castres et de Clermont ont fait la profession de foi établie par le concile de Trente. On exalte cette profession de foi, « la foi de ce concile, » et l'on déclare que la violer serait attaquer la religion. On constate qu\à l'époque de ce concordat la France professait la doctrine de l'assemblée de 1682, et que le mot idonei, admis par le pape et le roi, doit par conséquent concorder avec cette doctrine. Il est dit en outre : « Toutes les plaintes que le pape fait dans les concordats contre la Pragmatique ne regardent point la doctrine contenue dans ses deux premiers articles, mais seulement ses autres décrets. Il ne dit point qu'elle enseigne rien d'hérétique, d'erroné, de contraire à la doctrine de l'Église, mais seulement qu'il y a des choses

qui méritent d'être annulées et cassées, comme préjudiciables à la dignité, l'autorité et l'unité de l'Eglise romaine et du saint siège, aux sacrés canons et à la liberté ecclésiastique. On changea et on modéra quelques-uns de ces articles/commençant par le troisième, qui regardait les élections ; mais on ne donna aucune atteinte à la doctrine rapportée dans les deux premiers. On ne demanda ni satisfaction, ni désaveu, ni explication, ni modération, ni silence des corps ecclésiastiques ou séculiers sur cette matière. On ne prétendit pas même que la France reçut le concile de Florence ni celui de Latran, et ce dernier n'en fit lui-même aucune instance lorsqu'il confirma le concordat... On a déjà remarqué que Léon X et le concile de Latran, en abrogeant la Pragmatique, n'ont donné aucune atteinte à la doctrine des deux premiers articles, qu'ils n'ont pas demandé que des Français s'en départissent... »

Il est dit aussi qu'Adrien VI professa la doctrine de l'université de Paris ; qu'à l'époque du concordat, les universités et les parlements de France « faisaient une profession solennelle d'être inviolablement attachés à la doctrine du concile de Constance, qui est évidemment renfermée dans les trois derniers articles de la déclaration du clergé. » Donc le pape, en refusant les bulles, violait le concordat. — On ajoutait : « Sa Majesté a nommé à l'évéché de Pamiers l'abbé de Bourlemont depuis dix-huit mois. Votre Sainteté l'en juge très digne. Cependant, sous prétexte des démêlés de la régale, elle arrête depuis tant de temps l'expédition des bulles. » Plus de 50000 âmes en souffrent! « Depuis près de dix-huit mois, les parlements et les premiers magistrats et personnages de son royaume ont sollicité Sa Majesté plusieurs fois d'avoir recours aux anciennes formes, qu'une si grande nécessité ne rendrait dans un cas si singulier que trop légitimes, et de pourvoir par ce moyen à une vacance qui cause tant de désordres dans ce malheureux diocèse, à la perte de tant d'àmes, et à la réparation d'une con-

travenlion si visible au concordat. » Sa Majesté a été très patiente envers Sa Sainteté; « mais toutes choses ont leurs bornes, » et Sa Sainteté est priée de se conformer le plus tôt possible au concordat, en envoyant les bulles à Castres, àPamiers et à Clermont. Sa Majesté sera attachée au saint siège, mais elle défendra ses droits avec « une fermeté inébranlable1 ». Belles paroles, mais flatusvocis.

Le 26 novembre. Servient avertit Croissy que Dorât avait eu une audience du pape, grâce à Cibo, et qu'il avait poussé le pape à rester ferme dans l'affaire de Pamiers 2. Le 4- décembre, Louis XIV écrivit de Versailles au duc d'Estrées que, si Sa Sainteté n'était plus retenue par les mauvais conseils et les faux rapports de Favoriti, l'expédition des bulles de Pamiers, de Castres et de Clermont se ferait vite. « Cependant, ajouta-t-il, comme je suis averti de toutes parts de la continuation des désordres et scandales qui se commettent dans ce premier évêché, par l'horrible confusion qu'il y a dans les affaires spirituelles , je vous enverrai au plus tôt les informations qui en seront faites par mes officiers qui sont sur les lieux, afin qu'encore que j'aie entièrement déchargé ma conscience parla nomination que j'ai faite à cet évêché d'une personne qui a toutes les qualités requises pour le bien gouverner, vous puissiez par une plus grande justification faire voir au pape, par des preuves réelles, de combien de maux et de scandales il se rend responsable envers Dieu, par le retardement qu'il apporte à l'expédition des bulles de cet évêché. »

Dans son audience du 11 décembre, le duc fit de nouveau ressortir la bonté du roi dans le pardon accordé à des chanoines qu'il tenait pour coupables, ajoutant que cette bonté avait pour unique but de complaire à Sa Sainteté, qu'une telle conduite était rare parmi les souverains,

1. Correspondance de Rome, tome CCLXXXII, pages 39-56. Cf. t. CCLXXXV, p. 30-43.

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