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qui avait été approuvée par le pape; cet argument fut jugé bon par un théologien romain que Servient qualifia souvent de « grand homme1. »
Lacamarillane devint que plus furieuse de se voir prise dans ses propres agissements; aussi, en septembre 1682, sa thèse était-elle celle-ci : « Il faut attaquer l'archevêque de Paris et même ensuite MM. de Meaux, de Tournay, de Toulouse, malade de cette crainte, et quelques autres, et alors Sa Majesté, pour apaiser cet orage et pour contenter ses propres scrupules et ses repentirs du passé, cherchera des tours de piété, de religion, de respect filial pour le pape, et de semblables, pour s'accommoder à toutes les conditions qu'il plaira à Sa Sainteté de lui imposer2. »
Le cardinal d'Estrées, tout en trouvant que Bossuet « faisait trop Vévêque, » prit sa défense dans l'intérêt des quatre articles, et il fit remarquer au cardinal Cibo que le pape avait approuvé l'ouvrage de Bossuet, dans lequel il était dit que les points en question « n'appartiennent point à la foi. » D'où il concluait que Rome ne pouvait pas les condamner sans se contredire ellemême3. En janvier 1683, le duc d'Estrées lança cette objection directement à la tête du pape, dans une audience particulière; le pape, embarrassé et confus, lui répondit que le bref d'approbation donné à Bossuet lui était échappé et qu'il ne fallait faire aucun fondement sur un tel document. Le duc répliqua que l'ouvrage de Bossuet n'avait produit que de bons effets, et que par conséquent le bref en question n'était pas un lapsus; mais Sa Sainteté ne répondit pas4. Le mois d'avril suivant, le nonce
1. Servient à Croissy, le 23 juillet 1682 (Correspondance de Rome, t. CCLXXXI, p. 113-116).