Dépêche du 14 mars 1688 (ibid., t. CCCX, p
3. Le même au même, le 5 octobre 1688 (ibid., t. CCCXII, p. 79-93).
prétentions de Rome au lieu de les combattre énergiquement, et qui, sous prétexte de ménagement, laissa la curie empiéter sur les maximes gallicanes et ne dédaigna pas de lui envoyer compliments et présents pour en obtenir des faveurs. Quant à sa lettre du 1er novembre 1681 au pape, elle manque de dignité. Aigle par l'éloquence, il ne le fut point par le caractère. Jamais un Bossuet n'aurait dû s'abaisser aux pieds du pape, encore moins s'y comparer à la cendre et à la poussière.
Si Bossuet craignait le schisme jusqu'à lui préférer l'hérésie, l'archevêque de Paris, dans le fond, ne craignait ni l'un ni l'autre. Il ne tenait à Rome que par prudence, pour ne pas compromettre la tranquillité du roi et la paix du royaume, mais nullement par conviction religieuse. Moins vertueux que Bossuet, du moins par la réputation qui lui a été faite, il est plus ferme, plus logique, plus intrépide. Bossuet était plus papiste, de Rarlay1 plus national et plus indépendant; celui-là voyait surtout l'unité avec Rome, celui-ci l'unité avec le pays. Si le Père de La Chaise n'eût pas été là pour tenir Louis XIV rivé au saint-siège, de Harlay eût. été capable d'entraîner Louis XIV et l'archevêque Le Tellier à une rupture avec Rome, ou tout au moins à une proclamation d'indépendance de l'Eglise gallicane comme Église nationale.
Je n'ai ici ni à retracer la vie de ce prélat, ni à répéter ce qu'en a dit Saint-Simon, ni à rappeler qu'Alexandre VIII a loué sa vertu dans un bref du 31 janvier 1690, ni à expliquer pourquoi Fénelon lui fut si hostile 2, ni à caractériser son administration soit à l'archevêché de Rouen,