‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 213 sur 373 · On écrit aussi Harlai de Chanvalon · texte numérisé non relu

On écrit aussi Harlai de Chanvalon

2. M. l'abbé J. Th. Loyson a bien expliqué ce point d'histoire dans son ouvrage sur l'Assemblée du clergé de France de 1682, p. 266-270.

soit à celui de Paris, où il fut nommé (1 670) à la mort de M. Péréfixe, mais seulement à résumer ce que les dépèches contiennent à son sujet. Il a déjà été maintes fois question de lui dans les chapitres précédents, notamment dans l'affaire Varesi; voici quelques notes supplémentaires.

De Harlay fut très sensible à défendre ses droits archiépiscopaux vis-à-vis des prétentions de Rome et de la nonciature.. Toutefois, en 1676, à l'occasion d'un chapitre des augustins qui devait se tenir à Paris, il accepta de le présider « comme commissaire apostolique. » Louis XIV avait ordonné au duc d'Estrées de solliciter un bref à cet effet, ainsi qu'un autre bref à l'effet de faire présider par ce prélat un chapitre général de Cluny f. C'est à ce sujet que, le 16 juin 1676, le cardinal d'Estrées écrivit à Pomponne : « Enfin vous recevrez, monsieur, par cet ordinaire, le bref pour la province des augustins de Paris. Le général me l'est venu remettre ce matin entre les mains, avec une lettre qu'il écrit à M. l'archevêque, qui peut, comme commissaire apostolique et en vertu de ce titre, ordonner et régler selon les constitutions ce qu'il trouvera de plus avantageux au bien de cette province 2. »

Mais, dans l'affaire du nonce Varesi, de Harlay montra une grande énergie à défendre son rang et ses droits. On trouve à ce sujet, dans les documents de 1679, une dépêche envoyée le 26 mai au duc d'Estrées par M. Rose, secrétaire du cabinet de Louis XIV. Sa Majesté faisait remettre à son ambassadeur deux copies, l'une latine, l'autre française, d'un mémoire sur le rang des nonces à Paris. Il y est dit que l'archevêque de Paris avait visité le nonce Nerli, mais qu' « on était venu lui faire des excuses sur quelque indisposition du dit sieur nonce, » et que, depuis lors, ils n'avaient jamais eu aucune com-

l.Le duc d'Estrées au roi. le 21 avril 1676 (Correspondance de Rome, t. CCXLIII, p. 230-239).

ï.lbid., t. CGXLIV, p. 248-251.

munication à domicile. « A l'égard de M. le nonce Spada, ajoute-t-on, la première fois que M. l'archevêque de Paris le vit, il le trouva sur son lit, d'où il ne bougea, et ensuite ils se sont toujours vus sans se reconduire ni se faire aucune cérémonie 4. »

Déjà, en 1679, l'archevêque de Paris était tellement détesté de la cour de Rome, que celle-ci refusa d'admettre le procès d'information de vie et mœurs de Mascaron comme évêque d'Agen, uniquement parce qu'il avait été fait par cet archevêque 2. Le 26 juin 1680, Servient avertit Croissy que la camarilla cherchait à faire excommunier M. l'archevêque de Harlay 3. La réforme tentée par celuici du bréviaire de Paris blessa davantage le pape. « On ajoute encore, dit Servient, par l'aigreur qu'on a contre M. l'archevêque à cause de la régale et des procès-verbaux sur les nommés par le roi aux bénéfices, quelques particularités de sa harangue à la clôture de l'assemblée, et l'on dit que l'on n'y approuve pas le remerciement qu'il propose de faire au roi sur la conservation des privilèges de l'Église gallicane pour la discipline, dans le fait et les circonstances de la mort de feu M. le nonce *. J»

Et cependant, malgré ces dissentiments et ces antipathies. Rome aurait comblé de Harlay de ses faveurs, s'il avait consenti à en défendre les intérêts ; il n'aurait plus été question des vices qu'on lui reprochait, on n'aurait plus aperçu en lui que des vertus. En effet, le 24 juillet 1680, « l'homme de M. de Pamiers » dit au Père Cambolas, chez l'archiprêtre de Dax : « J'ai ouï dire à M. Favoriti que, si M. de Paris rendait ce bon office à l'Eglise (de persuader au roi de remettre toutes les affaires ecclésiastiques de France à Sa Sainteté), il n'y a rien qu'il ne pût espérer de cette cour s. » Mais l'archevêque n'y consentit pas ; il

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