‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 214 sur 373 · Dépêche du 31 juillet 1680 (iftid-, t. CCLXIX, p · texte numérisé non relu

Dépêche du 31 juillet 1680 (iftid-, t. CCLXIX, p

5. Ibid., t. CCLXVl, p. 99-109 Mémoire du Père Cambolas, reçu à Paris le 5 août 1680.

préféra lancer contre Rome des traits diplomatiques impuissants.

Le jeudi 15 août, le pape dit au duc d'Estrées « que l'archevêque de Paris voulait que les réguliers eussent recours à lui, et que c'était entreprendre sur ce qui lui était dû (à lui pape *.) » Le pape était très sensible sur ce point, voulant être le maître absolu des ordres religieux et voulant s'en servir pour combattre même les évêques. La discussion de la régale et des autres affaires alors pendantes ne fit qu'irriter le pape contre l'archevêque et contre le Père de La Chaise, qu'il traita à peu près de menteurs et qu'il appela « vieillards de Babylone, » et cela en plein consistoire du 13 janvier 1681. L'avant-veille 11, Servient avait averti Croissy qu'on méditait à Rome des condamnations encore plus fortes que celles du Père Maimbourg. « J'ai su depuis le 8, ditil, qu'ils ont dressé un modèle d'interdiction pour M. l'archevêque de Paris et pour le Père confesseur. C'est une pensée de Favoriti. » Servient estimait que le pape même n'en avait pas encore connaissance 2. Mais, si lacamarilla et le pape se montraient si sévères envers de Harlay et le Père de La Chaise, ceux-ci ne se faisaient aucune illusion sur les duperies et les intrigues de la cour de Rome ; leur lettre collective au roi, écrite à l'occasion du mémoire de de La Borde le 12 janvier de la même année, en est un témoignage irrécusable, quoique modéré dans la forme et dans l'expression 3. De Harlay était un esprit politique, qui se possédait parfaitement et ne se laissait jamais emporter à des représailles éclatantes. Loin d'exciter les officiers du roi et les membres de l'assemblée du clergé à des discours violents contre la curie romaine, il essayait plutôt de les calmer et de les adoucir,

1- Le duc d'Estrées au roi, le 20 août 1680 (Correspondance de Rome, t. CCLXVI, p. 164-183).

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