Ibid., t. CCClI,p
dre VIII, par le duc de Chaulnes, un induit qui lui conférât le pouvoir de nommer aux archevêchés de Cambrai et de Besançon, comme Innocent XI lui en avait accordé un, au mois de mai 1686, pour les évêchés de Saint-Omer et Yypres1.
4. Evéché de Québec. — Louis XIV en demanda l'érection, et le pape l'accorda, comme il a été déjà dit, moyennant une certaine rétribution pécuniaire 2. En 1686, l'abbé de Saint-Vallier y fut nommé par le roi3, et le cardinal d'Estrées intervint auprès du pape pour qu'on lui envoyât ses bulles 4, malgré le conflit relatif aux bulles des évêques nommés.
De même que Louis XIV nomma souvent à certaines abbayes de femmes des parentes ou des amies de ses maîtresses, ainsi conféra-t-il certains évêchés et certains bénéfices ecclésiastiques à des personnages indignes. Aussi les désordres du clergé à cette époque sont-ils bien connus; ils se résumaient clans l'exploitation des fidèles par ce même clergé, pour son profit et pour sa jouissance. Les dépêches contiennent très peu de détails sur ce sujet. On lit toutefois dans une lettre de Colbert de Croissy à l'évêque de Gap, lettre datée de Fontainebleau, le 25 septembre 1683 : «Les habitants de la Fressinouse se sont plaints à Sa Majesté que la plupart d'entre eux meurent sans confession et leurs enfants sans baptême, par le
1. Dépêche du 20 octobre 1689 (Correspondance de Rome, t. CCCXXIII, p. 186-197).
2. Le duc d'Estrées à Pomponne, le 3 juillet 1678 (ibid., t. CCLVII, p. 29-31).
3. Le roi au cardinal d'Estrées, le 21 mars 1687 (ibid., t. CCC1II, p. 98-100;.
4. Le cardinal d'Estrées au roi, le 13 avril 1687 (ibid , p . 286-335).
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refus que fonl les chanoines de l'église cathédrale de Gap, qui reçoivent leurs dîmes, de contribuer à l'entretien d'un curé. Sa Majesté m'a ordonné de vous écrire que vous confériez avec M. Le Bret, qui est instruit de cette affaire, pour trouver les moyens de faire cesser ce désordre1. »
Mais, si les dépèches sont sobres à l'égard du clergé séculier, elles contiennent plus d'un détail fort caractéristique sur le clergé régulier et indiquent au critique impartial ce qu'il doit penser des religieux et des religieuses de France à cette époque. Le tableau, pour n'être pas aussi sombre que celui des mœurs monacales à Rome, n'en est pas moins désordonné, au point de vue moral et religieux.
Cette décadence de la vie monastique en France se rattache aux empiétements de la papauté sur les couvents et à l'introduction de plus en plus considérable de l'esprit delà papauté dans ces mêmes couvents. Ce fait historique est très grave, et les dépêches diplomatiques le mettent eu pleine lumière.
Constatons d'abord les plaintes des Français sur les empiétements des papes, depuis un siècle surtout. L'abbé d'Hervault, cependant si modéré, écrivit à Croissy, le 8 janvier 1688 : « Les Pères de Saint-Antoine se plaignent que, nonobstant plusieurs bulles qu'ils ont et qui paraissent, à ce qu'ils disent, lier les papes à l'égard de nos rois, ils ont usurpé la nomination de plus de trente de leurs abbayes depuis environ cent ans. Cela paraît valoir la peine d'être examiné et de s'en plaindre à Rome, quand on le trouvera à propos2. »
La curie romaine cherchait à s'emparer de la nomination aux abbayes et aux postes supérieurs de l'administration des ordres religieux, afin de glisser partout, par des créatures qui lui lussent dévouées, son esprit, ses doc-