‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 23 sur 373 · Correspondance de Rome, t. CCLXXXV, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, t. CCLXXXV, p

2. Le duc d'Estrées au roi, le 20 janvier 1683 {ibid., t. GGLXXXVI I p. 34-80.

voyait les bulles cie Pamiers, il n'aurait plus de moyen d'attirer le roi à un accommodement dans l'affaire de la régale. Sur ces entrefaites, le cardinal d'Estrées poussa la faiblesse jusqu'à engager le roi à « accorder au pape quelque chose de ce qu'il lui demandait, » espérant merveille de cette condescendance! C'est du 21 janvier 4683 qu'est daté ce pernicieux conseil1. Ce même jour, Servient avertit Croissy que le pape avait été sur le point d'accorder les bulles de Pamiers, à la condition que le roi de France accorderait des secours à l'empereur; mais que les cardinaux Azzolini, Ottoboni et Casanatta l'en avaient détourné2. Donc, tous les motifs de conscience mis jusqu'ici en avant par le pape, auraient disparu comme par enchantement devant cette question financière et politique!

Le cardinal d'Estrées eut sans doute quelques remords du conseil contenu dans sa dernière dépêche; car, le 28, il pressa le roi de ne pas accéder au nouveau désir du pape, que Cerle revînt à Pamiers et y exerçât les fonctions de vicaire général; une telle permission lui paraîtrait une rétractation de la part de Sa Majesté, et en même temps une condamnation par le roi des actes de l'archevêque de Toulouse3. Le 11 février, il écrivit en ces termes à Sa Majesté : « L'ouverture que Votre Majesté propose sur l'affaire de Pamiers de nommer des commissaires in partibus est admirable et serait embrassée par tout autre pape que celui-ci. Mais, ayant décidé parce bref fulminant en faveur de Cerle, il croira sans doute blesser cette autorité dont il ne connaît point les bornes, s'il la remet dans une nouvelle discussion; et le motif politique de garder cette étoffe pour gagner d'autres conditions, est plus que capable de l'en éloigner. Par ces deux raisons, je crois cette nouvelle facilité de Votre Majesté plus capa-

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