Ibid,, p
ble de l'endurcir que de le vaincre : car le même Gasoni, en disant que tout est endormi, croit que les intentions du pape ne sont pas meilleures qu'auparavant, mais qu'il est embrouillé de tant de considérations qu'il est presque impossible qu'il fasse plus de mal l. »
Cette dépêche du cardinal d'Estrées se croisa avec une dépêche que le roi adressa, le lendemain 12, au duc son frère et dans laquelle il était dit : « Les exilés seront rétablis du moment que le pape vous aura promis l'expédition des bulles, en sorte qu'ils pourront être un temps considérable avant que l'évêque y arrive. » Le duc pouvait faire part de cette décision au pape à la première occasion2. Toutefois, le 19, le roi sembla comprendre que Cerle ne pouvait pas être autorisé à exercer les fonctions de vicaire général àPamiers, comme le cardinal d'Estrées le lui avait observé3.
Donc, Louis XIV se contentait d'une simple promesse du pape pour rétablir à Pamiers tous les chanoines exilés, tandis que le pape ne s'était pas contenté de la promesse du roi pour expédier les bulles; le roi était donc moins défiant ou plus faible. Cette nouvelle condescendance de Sa Majesté rendit Sa Sainteté plus exigeante; car, le 23 février, le cardinal d'Estrées manda que le désir du pape était que le roi « suspendît son droit de régale dans l'évêché de Pamiers jusqu'à ce que l'affaire générale de la régale fût terminée. » D'où le cardinal d'Estrées conclut que le pape était moins disposé que jamais à un accommodement, et qu'il n'y avait plus rien à attendre ni de ses conférences avec le cardinal Cibo, ni des entretiens de M. Dirois avec le Père Coloredo4 . Le duc confirma cette nouvelle dans sa dépêche du 25, dépêche où il raconta que, dans son audience du 23, le pape lui avait déclaré