Ibid., t. CGCXXII, p
Louis XIV, en 1676, avait résolu de l'entreprendre *. En mars 1680, le pape se montra très affligé des désordres qui régnaient dans les couvents de cet ordre 2.
Dans le diocèse du Mans, des religieuses acceptaient de l'argent de certaines personnes et s'engageaient à ce prix à les nommer abbesses, sans se soucier des excommunications de l'évêque et en appelant même au pape contre l'évêque 3.
Dans la province de Guyenne, les capucins étaient tellement divisés que Louis XIV dut écrire à leur général à Rome, le 23 janvier 1682, pour le prier d'ordonner la tenue d'un chapitre général, dans le but de rétablir la paix *.
A propos des cabales qui désolaient les couvents de carmes, le cardinal d'Estrées engagea le roi à soutenir et à protéger les religieux bien pensants : « car, dit-il, ils ne trouvent que trop de contradictions dans leur cloître, où il ne se rencontre que trop d'esprits mal laits ou mal affectionnés 5. »
Ces intrigues, ces désordres, cette corruption, ces divisions favorisaient Rome, qui sut toujours pêcher en eau trouble et qui en profita souvent pour introduire et imposer ses maximes nouvelles. Par exemple, dans un mémoire signé parle marquis de Chateauneuf, en 1686, il est dit, à propos d'un changement de doctrine chez les augustins : « Le roi ayant été informé qu'au chapitre provincial des augustins de la province de Toulouse et de Guyenne, qui s'est tenu à Agen le 10 mai dernier, on y devait prendre des délibérations pour établir, parmi les
1. Le cardinal d'Estrées à Pomponne, le 9 juin 1676 (Correspondance de Home, t. CCXLIV, p. -202-212).
2. Le duc d'Estrées au roi, le 26 mars 1680 (ibid., t. CCLXV, p. 175-198).
3. Le même au même, le 3 décembre 1680 (ibid., t. CCLXVI, p. 397-410).