‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 239 sur 373 · Ibid., t. CCLXXX1X, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXX1X, p

professeurs dudit ordre, une nouvelle doctrine, Sa Majesté aurait donné ses ordres à M. l'évêque d'Agen et au Père Boniface Sigala, prieur du couvent des augustins de Bordeaux, d'assister de sa part au dit chapitre, pour empêcher qu'il ne s'y passât rien de contraire aux usages observés jusqu'à présent et à la bonne doctrine, tenir la main à ce qu'il fût fait choix de bons et savants supérieurs, et empêcher que les Pères Junca, Minonde, Roualde, Corbiac et du Bar ne fussent élus, soit au provincialat ou aux charges de défmiteur, de prieur ou de professeur, à cause des légitimes soupçons qu'on avait contre eux, de leur esprit et de leur doctrine, étant sectateurs du Père de la Fosse, qui enseignait les opinions d'Œgidius; ce qui a été exécuté. Mais, comme on a eu avis que ces religieux mécontents font tous leurs efforts à Rome pour empêcher que ce chapitre ne soit confirmé par leur Père général, M. le marquis de Chateauneuf en a rendu compte au roi, qui lui a ordonné de faire le présent mémoire et de le mettre entre les mains de M. de Groissy pour recevoir là dessus les ordres de Sa Majesté, afin qu'il prenne la peine d'écrire à M. l'ambassadeur de s'employer auprès du Père général de cet ordre, afin qu'il confirme ledit chapitre l. » Le 20 août 1686, le duc d'Éstrées répondit au roi : « J'ai reçu avec la dépêche de Votre Majesté du 25 juillet le mémoire de M. de Chateauneuf... J'ai fait communiquer aussitôt au Père Travaglioni, leur général, ce qu'il contient. Il m'a répondu qu'il avait avis que Votre Majesté avait chargé M. l'archevêque de Paris et le Père de La Chaise d'examiner cette affaire, et qu'il la croyait bien près d'être fixée, si elle ne l'était déjà. » D'après le duc d'Estrées, ce général était « un bon Français, » animé de bonnes intentions et disposé à donner satisfaction à Louis XIV 2.

Ces mêmes augustins étaient, d'après Lavardin, remarquables par leur avarice. A propos des maladies qui

1. Correspondance de Rome, t. CCCI, p. 131. 1 Ibid., p. 183-193.

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régnaient parmi ses gens à Rome, il écrivit à Louis XIV, le 16 décembre 1687 : « Je n'ai perdu depuis ma dernière (dépêche) qu'un de mes aumôniers, fort bon religieux augustin, que la sale avarice de ceux de son ordre a volé, lui ayant pris tout ce qu'ils ont pu 4. »

Dans sa dépêche du 11 juillet 1681, Louis XIV signala au cardinal d'Estrées des intrigues chez les bénédictines de Péronne; il les blâma d'avoir porté plainte au pape contre l'installation de la sœur Martine, attendu que, d'après des pièces authentiques, cette affaire avait été jugée par l'official métropolitain de Reims à la satisfaction de la plus grande partie des religieuses 2. Les appels au pape étaient dans la tendance habituelle des couvents.

Les dépêches de Lavardin sur les divisions qui régnaient parmi les trinitaires ne sont pas moins expresses. Louis XIV écrivit, à ce sujet, au cardinal d'Estrées le 10 juin 1688 : « 11 est fâcheux de voir que la cour où vous êtes fomente la division dans l'ordre des trinitaires, et qu'après une si longue et si paisible possession dans laquelle les quatre provinces de mon royaume ont été d'élire un général de leur ordre dans le couvent de Cerfroid, le pape autorise les autres nations qui en dépendent à élire entre elles un général et à former un schisme auquel il sera difficile de remédier dans la suite du temps. Je ne doute point que vous n'ayez bien représenté toutes les mauvaises suites que cette affaire peut avoir, et je ne puis pas comprendre par quelle tatalité on n'a pas eu égard à vos remontrances 3. »

Parmi les documents de 1688, se trouve une pièce où est dépeint le triste état de l'abbaye de Saint-Cyran, dans le diocèse de Rourges. Les religieux, sauf les Pères Louis Senaut et Christophe de la Croix, étaient tous emprisonnés ou exilés. L'abbé deMouchi y est fort accusé4.

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