‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 240 sur 373 · X. Ibid., t. CCCXIX, p · texte numérisé non relu

X. Ibid., t. CCCXIX, p

Quand on priait le pape de ratifier la collation des abbayes et des bénéfices, il demandait auparavant s'il n'y avait dans cette collation « rien de sale ni de simoniaque. » C'est la question qu'il posa au duc d'Estrées, par exemple, à propos de la collation de l'abbaye de Beaubec à M. deGirardin1.

Telles étaient les mœurs ecclésiastiques d'après les dépêches. On y retrouve partout le cachet de Rome. L'action de la curie pénétrait, en effet, dans les moindres couvents et s'étendait à tout ; c'est ainsi, par exemple, que la simple union de l'abbaye deSaint-Martin-aux-Boisavec le collège de Clermont, ne se fit qu'avec l'autorisation du pape2. C'est donc principalement sur la curie romaine et sur la papauté que doit retomber la responsabilité de cet état de choses.

Et, comme si ce n'était pas encore assez de toutes ces formes et de tous ces abus de la vie monastique, certains esprits non satisfaits rêvaient la fondation de nouveaux ordres. Lavardin écrivit à Louis XIV, le 4 mai 1(388: « Un moine parisien au scapulaire et froc bleu, formé comme celui des chartreux, veut établir un nouvel ordre, qu'il souhaiterait se nommer de l'Immaculée-Conception, dont il n'y a qu'une seule maison dans Avignon, dont la fonction est d'assister les agonisants même de peste, et d'instruire les villageois de la religion, même dans les lieux les plus abandonnés, appliquant ce mérite de leurs œuvres à secourir les âmes oubliées et délaissées en purgatoire3. » A quoi Louis XIV répondit de Versailles le 27 : « Vous ne devez favoriser, en quelque manière que ce soit, l'établissement que veut faire le religieux parisien, d'un nouvel ordre sous le nom de Conception-Immaculée ; mais quand même il obtiendrait à

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