Le même au même, le 12 novembre 1681 (ibid., p
point trouvé ici de minute, quelques recherches et très exactes que l'on en ait pu faire; et si celte bulle qui est le fondement de tout était véritable, l'on n'aurait pas manqué de la montrer et d'en joindre une copie à celles des lettres patentes. Il y a d'autres bonnes raisons pour appuyer ce que je viens de dire, qui seraienttrop longues à rapporter ici*. »
Le 4 février 1B82, la question n'avait pas fait un pas ; car, ce jour-là, le duc d'Estrées manda au roi que le cardinal Cibo, s'appuyant sur des mémoires que Favoriti lui avait remis, tenait l'abbaye d'Esnay pour agrégée à celle de Cluny. Cibo palliait les lenteurs et le mauvais vouloir de la curie, en assurant qu'on avait les meilleures intentions envers Sa Majesté, que la solution dépendait uniquement de la congrégation consistoriale, et que Favoriti, secrétaire de cette congrégation, était fort bien disposé. Le 28, cette congrégation opina que la sécularisation était possible à deux conditions : « l'une, de voir si M. l'archevêque de Lyon était obligé par ses bulles d'employer le quart de l'abbaye aux réparations ; et l'autre, de voir si la mense conventuelle était suffisante pour entretenir et faire subsister la collégiale. » Le duc, en communiquant cette décision à Louis XIV, le lendemain 29, ajouta que vraisemblablement le pape l'approuverait et la confirmerait.
Le 11 mars, Servient écrivit à Croissy : « La sécularisation d'Esnay a pris un train à ne pouvoir manquer selon toutes les apparences, depuis la découverte que l'abbé Huvet, secrétaire de l'ambassade, homme appliqué, savant en matière bénéficielle, en histoire sainte et profane et en belles lettres, et d'un grand zèle pour tous les intérêts du roi, fit, il y a plus d'un an, que la bulle d'agrégation à la congrégation de Cluny, qu'on supposait pour traverser la sécularisation de l'abbaye d'Esnay, était fausse,
1. Le duc d'Estrées au roi, le 19 novembre 1681 (Correspondance de Home, t. CCLXX1I, p. 36J-373).
ce qu'il fit par la vérification très adroite et sans bruit de tous les registres d'ici. Il a joint à cette découverte quantité d'écrits et de mémoires1. ». Le 21, Servient ajouta que l'échec de cette négociation était dû à quelque janséniste, aux moines de Cluny et au Père FJambarl, procureur général de Saint-Maur 2.
Vers le même temps, le duc d'Estrées fit de nouvelles instances auprès du pape, qui objecta toujours les mêmes difficultés. « Ce sont, dit le duc, des prétextes que Sa Sainteté à inventés, ou qui plutôt lui ont été suggérés par Favoriti, qui est aussi contraire que jamais à cette sécularisation, soit qu'il ait pris de l'argent de la congrégation de Saint-Maur pour l'empêcher, ou qu'il s'y soit engagé avec quelques jansénistes3. » Le duc représenta au pape que, si Louis XIV désiraitsi vivement obtenir le consentement du pape, c'était uniquement par un excès d'égard envers Sa Sainteté; car les archevêques de Lyon avaient déjà sécularisé deux abbayes à Lyon même, sans recourir à l'autorité du pape. Innocent répliqua, quoique faiblement, « que les archevêques n'avaient pas ce pouvoir-là et qu'il fallait que les papes n'eussent point eu connaissance de ces deux sécularisations4. »
C'était Favoriti qui traversait toute cette affaire, afin, disait-il, que l'abbaye d'Esnay ne changeât pas de nature. Il fit cette confidence à Servient même B.
Le 1er mai, le duc d'Estrées revint encore à la charge auprès du pape, qui répondit toujours par les mêmes banalités. « Je l'ai trouvé, ajoute le duc, fort embarrassé sur la nécessité que je lui représentais d'une prompte expédition de la sécularisation, ou d'un refus absolu. » Le duc s'adressa ensuite au cardinal Cibo, qui, fidèle à
1. Correspondance de Rome, t. (XLXXX, p. 196-199. Z.Ibid., p. 217-222.