Ibid., t. CCLXXXI, 2e suppl. de 1682, p
3. La phrase qui suit a été très travaillée; elle est le résultat d'une quatrième rédaction. La première rédaction, inachevée, portait seulement : « et que même s'étant excusé de ne l'avoir. » La
rendre cette visite avec plus d'éclat et de cérémonie que celle qu'avait déjà reçue l'ambassadeur d'Espagne. — Je suis bien persuadé que vous n'auriez pas manqué à m'éclaircir de ce fait, s'il était véritable. Je serai bien aise neantmoins (sic) que vous m'informiez de ce qui a pu donner lieu à ce bruit., et que vous me fassiez savoir par vos premières tout le détail de cette affaire, sans néanmoins témoigner an général des jésuites aucun ressentiment jusqu'à ce que je vous aie plus amplement informé de mes intentions. » On voit quels ménagements Louis XIV prenait avec ce général, pourtant irrespectueux et hostile; de temps en temps il grossissait sa voix dans ses lettres, mais ses actes restaient toujours à peu près nuls. En attendant de justes rigueurs qui ne devaient jamais se produire, l'ambassadeur de Sa Majesté, offensé, devait ne manifester à l'offenseur aucun ressentiment!
Une autre lettre du roi à ce même Père de Noyelle, lettre datée de Fontainebleau le 2 novembre 1682, est aussi très raturée. La première rédaction, rayée, était ainsi conçue : « Très révérend Père, j'ai reçu voire lettre du 8 juillet dernier, et j'ai appris avec joie tous les ordres que vous avez donnés aux religieux de votre Cie, afin qu'ils prient Dieu pour la conservation de ma personne. La conduite que vous avez tenue en rendant les honneurs qui sont dus à mon ambassadeur, me doit per-
deuxième, qui était d'une autre écriture, disait : « qu'encore que, pour l'obliger à faire voir que ce n'avait été que par cette seule considération, vous lui ayez demandé de vous venir voir avec les mêmes accompagnements. » La troisième, de la môme écriture que la seconde, était ainsi conçue : « même que quelque instance que vous lui ayez pu faire pour l'obliger à vous rendre ce premier devoir avec tout l'accompagnement que peut demander cette première cérémonie, en sorte qu'on ne peut pas douter qu'il ne vous eût préféré au ministre d'Espagne, néanmoins il s'en était excusé sur le peu de suite que demande sa qualité de prêtre, et n'avait fait aucune distinction de cette visite avec celle qu'on prétend qu'il vous a dit n'avoir rendue au marquis del Carpio qu'en considération de sa maladie. »
suader d'autant mieux de vos bonnes intentions pour tout ce qui me regarde, que j'en avais déjà des assurances du Père de la Chaise. J'en conserverai aussi tout le souvenir qu'elles méritent, et je serai bien aise de vous donner des marques en votre particulier et à tous ceux de votre Cie, de l'estime que je fais de leur vertu et de la vôtre. Sur ce, etc. »
Louis XIV savait très bien que la conduite du Père de Noyelle envers son ambassadeur était défectueuse et blessante, et il osait la déclarer parfaite à ce point qu'il y voyait, de la part de ce Père, des intentions amicalespowr tout ce qui le regardait ! C'était s'aveugler et paraître aveugle. Louis XIV le sentit sans doute, et la phrase qui exprimait cette erreur fut retranchée dans la deuxième rédaction. Voici cette rédaction, telle qu'elle est écrite à la marge du premier manuscrit : « Très révérend Père, j'ai reçu votre lettre du 8 juillet dernier, et je suis d'autant plus persuadé de la sincérité de vos expressions que les sentiments d'estime et d'affection que j'ai pour toute votre compagnie, vous louchent plus particulièrement qu'aucun autre, pour le mérite et la vertu qui vous ont destiné au généralat. Vous avez bien raison (de vous tenir pour1) certain de la continuation de ma protection, dont je serai toujours bien aise de vous faire ressentir les effets, et à toutes vos maisons. Sur ce, etc2. » Donc, dans cette deuxième rédaction, Louis XIV s'en tient aux expressions du général, et ne parle plus de sa conduite; néanmoins, ces expressions suffisent à Sa Majesté pour le provoquer à lui demander des faveurs : « Je serai toujours bien aise de vous faire ressentir les effets de ma protection, et à toutes vos maisons ! » Et quel étrange raisonnement ! Louis XIV se déclare persuadé de la sincérité du général, parce qu'il a de l'estime et de l'affection pour ce général et pour la compagnie des jésuites !
1. Ces mots entre parenthèses sont illisibles; mais je crois être resté dans l'exactitude en y suppléant ainsi.