‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 270 sur 373 · Ibid., t. CCCXXI, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCCXXI, p

sans intérêt de voir Louis XIV, dirigé et dominé par le jésuite de La Chaise, obliger les jésuites de France à cesser tout rapport avec leur général, et ceux-ci obéir au roi sans mot dire.

Ce général témoigna aussi de l'hostilité dans la question de l'union de la province gallo-belge de son ordre à la France, après les conquêtes de Louis XIV dans le Nord. « Le général des jésuites, écrivit l'abbé d'Hervault le 17 mai 1689, allègue pour raison du refus qu'il fait de l'union de la province gallo-belgique, que les Espagnols déclarent vouloir en même temps l'union des provinces qu'ils ont en Italie à l'assislance d'Espagne; et l'appréhension que les Italiens ont de ce détachement fait qu'ils fortifient ledit général dans sa résistance *. » Ici comme ailleurs, Louis XIV se montra plus faible que vigoureux.

C'est un fait bien connu que Louis XIV fut dirigé par ses confesseurs, notamment par quatre jésuites : le Père Annat, le Père Ferrier, le Père de La Chaise, et le Père Le Tellier. Quoique l'influence du Père Annat ait été grande sur lui, cependant celle du Père de La Chaise le fut davantage. Ce dernier fut confesseur du roi et membre de son conseil privé pendant trente ans, de 1674 à 1705; c'est donc sur lui que retombe, en grande partie, la responsabilité des actes accomplis par Louis XIV envers le pape Innocent XI et envers les papes qui suivirent. Les dépêches en fournissent des preuves multiples, en même temps qu'elles dévoilent ses sentiments et ses tactiques.

Un « mémoire du Père de La Chaize touchant les congrégations de la cour de Rome » fut envoyé par M. de Pomponne au duc d'Estrées le 10 novembre 1679, et le duc lui en accusa réception le 28 2. En avril 1680, le

Page 1