Ibid., t. CCLXXXIV, p
nius n'ayant pas été condamnée par un concile général ; que les principes de cette déclaration répugnaient à leur conscience; que, depuis l'enregistrement de l'édit de Sa Majesté, personne n'avait pris aucun degré dans la faculté de théologie; que les Espagnols, dans le district desquels les revenus des fondations des séminaires se trouvaient, retireraient leurs séminaristes; et qu'ainsi l'université périrait faute d'élèves1. Le roi ne céda pas ; et les docteurs de l'université ayant refusé d'enseigner les propositions de l'assemblée, Pelletier, intendant du roi, défendit aux professeurs de faire leurs cours et les déclara privés de leurs traitements. C'est ce que la cabale écrivit par Venise à Rome. Le pape en fut profondement irrité, s'en ouvrit au cardinal Rospigliosi et chargea le cardinal Cibo d'en avertir le cardinal d'Estrées 2. La colère de Sa Sainteté durait encore en mai 1683 3. Le 4 février 1684, le nonce Ranucci pria de vive voix Louis XIV, de la part du pape, de laisser à l'université la liberté d'enseigner à son gré touchant les matières de la déclaration; mais Sa Majesté lui répondit qu'elle voulait que Douai, qui était du royaume, suivît les maximes du royaume, et elle le notifia le jour même au duc d'Estrées4.
Les jésuites de Paris, et en général lesjésuites de France, professèrent, contrairement à ceux de Douai, les doctrines gallicanes. Ils trouvèrent qu'Innocent XI se trompait, et volontiers ils auraient répété avec leur confrère de Montauban : « Petit pape, si vous faites tant de l'entendu, on vous donnera du patriarche sur le nez. » Cette idée d'un patriarcat français, indépendant de Rome et dirigé contre Rome, n'était pas nouvelle; mais il est assez
1 . Correspondance de Rome, t. CGLXXXVI, 1er suppl. de 1683 , p. 38-4-1.
2. Le cardinal d'Estrées au roi, le 31 mars et le 6 avril 1683 (ibid., t. CCLXXXV, p. 333-360).