Le même au même, le 18 mai \ô&3(ibid., p
4. Le roi au duc d'Estrées, le 4 février 1684 {ibid., t. CCXCI, p. 31-32).
piquant aujourd'hui de constater qu'elle était admise par certains jésuites du xvip siècle.
Vers le milieu de 1682, deux jésuites de Paris soutinrent une thèse gallicane à l'appui des doctrines de l'assemblée. Le duc d'Estrées s'attendait, le 11 septembre, à ce que le pape lui en ferait des reproches ; mais le pape ne lui en dit mot, et fut gracieux1. La cabale de Rome s'efforça toutefois de faire passer cette thèse pour une nouveauté. « Favoriti, écrivit Servient, est fort en colère de la thèse soutenue dans le collège des jésuites, quelque explication qu'on y ait donnée pour adoucir l'aigreur qu'il en a inspirée au pape2. » Le 23, le duc écrivit au roi que le pape s'était plaint à lui de la thèse des jésuites, mais qu'il lui avait répondu que Sa Majesté ne pouvait pas être avertie de toutes les thèses qui se soutenaient3. Cette réponse, fort diplomatique, provoqua cette répartie, non moins diplomatique, du pape : « Vous avez raison. »
Il y avait donc chez les jésuites de France l'enseignement du oui et du non, ce qui leur donnait une physionomie équivoque, un regard louche, des traits hypocrites, en un mot ce quelque chose de caractéristique que l'on désigne par le mot « jésuitique ». Deux de ces types sont esquissés dans les dépêches, le Père Dunau et le Père Poncet.
Servient dépeint ainsi lepremier, danssadépêchedu22 octobre 1682 : « Le Père Dunau, jésuite, ayant été appelé à l'audience du pape par Sa Sainteté et non de son choix, et ayant rendu compte à M. le cardinal d'Estrées de cette audience d'une manière avantageuse à la cause du roi, il le lui a rendu tout différent de ce que j'en ai su par le confident de Favoriti; car Sa Sainteté prétend lui avoir reproché la thèse soutenue à leur collège de Paris. Le Père Dunau lui expliqua que son autorité n'y