Ibid
dément imaginé, et, d'un autre, le salut de tant et tant d'âmes qu'elle laisse périr; et qu'elle juge, puis après, qui le doit emporter des deux. » Le pape demeura fixe et muet, et quelque temps après répondit seulement, d'une voix basse, que ceux qui avaient chassé le vicaire de Pamiers étaient cause de ce mal. Le cardinal répliqua : « Mais le remède naturel est dans les mains de Votre Sainteté.., et Votre Sainteté est obligée de l'apporter incessamment. » Mais le pape ne conclut pas. Ce cardinal engagea ensuite le pape à prendre conseil, non de trois cardinaux passionnés, mais de tous, et à les avertir auparavant qu'il recevrait d'eux plus volontiers des contradictions que des applaudissements. « Le pape exagéra l'insulte que lui avait faite le clergé de France, qui ne s'était jamais expliqué en corps jusqu'à son pontificat, avec beaucoup d'amertume, et l'on voit que cette circonstance qui blesse la hauteur infinie qu'il a, est ce qui lui ronge le cœur. On y eût pu répondre : Pourquoi se les a-t-il voulu attirer? » Le pape espérait « que Sa Majesté pourrait changer la nomination de ceux qui avaient assisté à l'assemblée. » — Enfin, en présence du « grand fonds de mauvaise volonté du pape », le cardinal d'Estrées opina qu'il fallait remettre au pape le fameux mémoire rédigé depuis vingt mois. «Il ne doit pas, dit-il, être différé plus longtemps1. »
Un mois plus tard, le 3 septembre, ce même cardinal, mélange d'une certaine hardiesse et d'une timidité mesquine, précisa, d'après le conseil précité du cardinal Lauria, la manière dont on pourrait avertir le pape par lettre que l'assemblée prochaine du clergé s'en référerait aux canons de Nicée pour pourvoir aux évêchés vacants ; mais il n'osa ni signer cette lettre, ni proposer au roi de la signer; il imagina de faire dire qu'elle serait écrite par une personne dévouée au pape2! Ce n'était donc qu'une simple lettre anonyme.