‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 31 sur 373 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

J'ai déjà cité les paroles du pape à l'abbé Federici sur cette question, mais elles sont assez significatives pour pouvoir être répétées. Cet abbé * ayant fait remarquer au pape les inconvénients des vacances d'évêchés, le pape répondit : « Nous ne pouvons pas faire évoques des hérétiques, tels que sont quelques-uns de ceux qui ont été nommés par ie roi. » « L'abbé répartit qu'on ne pouvait les taxer d'bérésie, pour combattre une doctrine sur laquelle il n'y avait point encore de décision de foi. Ils nient notre infaillibilité, dit le pape, et par conséquent ils sont hérétiques. C'est la question, reprit l'abbé... Nous voudrions, dit le pape, que l'assemblée du clergé rompît le concordat, parce que le roi perdrait la nomination aux évêchés2. » Le cardinal d'Estrées remarqua luimême que Bellarmin n'était pas allé aussi loin qu'Innocent XI dans cette question de l'infaillibilité papale.

Malgré ce renseignement significatif, le cardinal d'Estrées, sous l'influence de Giorri, crut, en février 1685, à un changement favorable dans l'esprit du pape, et cela, parce que le commissaire de la chambre du pape avait paru à Giorri plein d'espoir, et parce que le cardinal Cibo lui avait promis d'agir auprès de l'auditeur du pape pour qu'il reprît le plus tôt, possible la question des évêchés3. Cependant la sincérité du cardinal Cibo et du prélat

1. Cet abbé fut longtemps résident de l'empereur à Venise; puis, quand un ambassadeur fut envoyé dans cette ville, il se retira chez les Pères de l'Oratoire de Fano, son pays. L'archevêque de Fano, M. Ranucci, en partant pour la nonciature de Paris, le fit son vicaire général. C'est à la prière de ce nonce qu'il alla voir le pape et qu'il lui parla de l'accommodement. Cette audience dura plus de deux heures, bien que le pape fût alité. Le compte-rendu, daté du 12 décembre 1684, en fut remis au cardinal d'Estrées par le Père Peyra, que cet abbé avait fort connu h Venise, quand il y enseignait la théologie. Cf. Dépêche du cardinal d'Estrées au roi, le 14 décembre 1684 (Correspondance de Rome, t. CCXC1II, p. 121-140).

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