‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 300 sur 373 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

Sa Majesté avait tant de piété qu'elle ne voudrait rien faire que dans les formes. » Sa Sainteté ajouta qu'il faudrait prendre patience. Le duc appela alors l'attention du pape sur les bruits qui couraient qu'il se préparait quelquechose de grave contre le jansénisme entre Sa Sainteté, le cardinal Cibo et l'ambassadeur de France; mais le pape l'assura qu'aucune indiscrétion n'avait été commise du côté du palais, et que, « sans un extrême secret dans les affaires et principalement dans les grandes, il était difficile de les faire réussir1. » Quelques jours après, le cardinal Cibo avoua au duc que la lettre des religieuses de Port-Royal des Champs était « una lettera ben tirata. » Le duc avertit alors Cibo, ainsi que les cardinaux Rospigliosi et Chigi, et le Père Fabri, du voyage de Mettayer (sic) à Rome. Dans sa lettre particulière du 19 décembre, le duc signala à Louis XIV le cardinal Casanatta comme un « grand partisan des jansénistes; » puis il ajouta : (( Je dois aussi informer Votre Majesté que les cardinaux Azzolin, Çarpegna et Colonne sont dans les mêmes sentiments touchant le jansénisme que Casanatta, et qu'ils en donnent des marques dans toutes les congrégations et autres assemblées où cette matière peut entrer. Le cardinal Colonne en est très peu informé et même il n'a point étudié; mais le cardinal Azzolin le prend par son faible qui est la vanité, en le louant continuellement2. » En même temps, le duc demanda à Colbert s'il devait continuer à rendre compte des affaires jansénistes par des lettres particulières, ou s'il pourrait désormais en traiter dans ses dépêches ordinaires3.

Huit jours après, le duc dit au pape a que, si dans l'origine de l'hérésie de Calvin l'on avait agi avec autant de soin et d'application que Sa Majesté avait fait pour le

1. Le duc d'Estrées au roi, le 5 décembre 1679 (Correspondance de Rome, t. CCLXIII, p. 158-160).

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