‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 302 sur 373 · Ib id., p · texte numérisé non relu

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fait précédemment à Rome contre Jansénius et de s'entendre pour cela avec Favoriti.

Au commencement de janvier 1680, le cardinal Cibo avertit le duc d'Estrées qu'il était inutile de reparler au pape de l'affaire de Port-Royal, attendu que Sa Sainteté ne changerait pas d'avis; en outre, elle allait faire venir à Rome l'archevêque de Malines1. A la prière du duc, le cardinal Cibo engagea le pape à ne pas recevoir le docteur Métayer; mais, le pape montrant la disposition contraire, ce cardinal lui en fit voir les inconvénients, en lui lisant une lettre très forte de l'évèque d'Evreux contre ce docteur, son diocésain. Cibo obtint même du pape qu'il lirait celte lettre à la congrégation du saint office, afin de porter cette congrégation à prendre quelque résolution soit contre ce docteur, soit contre son dessein; ce qui n'empêcha pas Métayer de continuer avec Favoriti et le prélat Champini ses conférences, auxquelles certains religieux italiens assistaient souvent2.

Le 16 janvier, le duc d'Estrées manda au roi que, dans son audience de vendredi dernier, le pape n'avait pas voulu lui accorder la nomination de Port-Royal des Champs. Le duc lui rappela ses propres déclarations contre le jansénisme, et lui témoigna sa surprise de n'avoir pas vu ces déclarations affirmées de nouveau par lui, « puisqu'il avait fait suspendre la censure de huit erreurs considérables qui s'étaient trouvées dans un livre du Père Lupus. » « Sa Sainteté, ajoute le duc, me dil sur cela que ce que je disais ne regardait pas l'affaire du jansénisme; qu'elle m'assurait que ce Père était un bon homme, et que l'on ne pouvait nommer jansénistes que ceux qui n'avaient pas voulu signer le formulaire, ni obéir aux bulles qui ont condamné cette doctrine, mais qu'il ne fallait pas y comprendre ceux qui vivaient avec

1. Le duc d'Estrées au roi, le 2 janvier 1680 (Correspondance de Rome, t. CCLXV, p. 9-11).

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