‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 32 sur 373 · Compte-rendu de l'abbé Federici, ibid.. p · texte numérisé non relu

Compte-rendu de l'abbé Federici, ibid.. p

3. Le cardinal d'Estrées au roi, le 26 février 1685 (ibid. A. CCXCIII. p. 336-342).

Giorri devait lui être suffisamment connue. De fait, vers le milieu du mois suivant, l'auditeur du pape ayant parlé à Sa Sainteté des bulles de Castres et de Clermont, elle répondit comme toujours que les nommés n'étaient pas de saine doctrine1. Sa ténacité ne fut pas moins visible dans l'audience que le cardinal Rospigliosi eut vers le 25 mars. A toutes les observations de ce cardinal, « le pape répondit qu'il ne voulait point de traité, que les choses étaient évidentes, et qu'à moins qu'on ne nommât d'autres sujets aux évêchés de Castres et de Clermont, ou qu'ils ne révoquassent leur doctrine, il ne les pourvoirait jamais; qu'il ne fallait point d'expédients dans des choses si claires et si justes ». « Enfin, poursuit le cardinal d'Estrées, il n'a jamais parlé plus durement qu'aujourd'hui..; ce cardinal (Rospigliosi) s'est retiré mécontent et indigné. » Le pape s'entêtait à ce point, parce que le bruit courait à Rome qu'il n'y avait absolument rien à redouter de la prochaine assemblée, et que le roi changerait sa nomination aux évêchés de Castres et de Clermont. Le cardinal d'Estrées déclara une nouvelle fois à Sa Majesté qu'il n'avait plus d'espoir et la pria de prendre toutes les mesures qu'elle voudrait tenir 2.

Afin de gagner du temps, le cardinal Casanatta affecta avec le Père Fabri, jésuite et ami du cardinal d'Estrées, une certaine modération; il alla même jusqu'à lui dire que la vacance des évêchés en France était scandaleuse, qu'il fallait un accommodement, qu'il avait témoigné à Sa Sainteté de sa crainte que le prochaine assemblée du clergé ne remédiât d'une manière fâcheuse à la vacance trop prolongée des évêchés. Mais le pape « s'emporta », en disant « qu'il y avait plus de deux ans qu'il ne s'inquiétait plus de ces affaires, qu'il ne voulait plus rien entendre sur tout cela ». Il se radoucit toutefois et finit

1. Le môme au même, le 22 mars 1685 {Correspondance de Rome, t. CCXCIH, p. 371-392).

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