Correspondance de Rome, t. CCLXX, p
2. Le cardinal d'Estrées au roi, le 13 mars 1681 {ibid.A. GCLXXIIÏ, p. 139-16-2.)
étant venu à parler, dans son audience, de Favoriti comme chef des jansénistes, le pape répliqua « qu'il n'y avait point de jansénistes, que c'était une illusion, et qu'il priait Son Excellence de croire qu'elle n'était pas toujours bien informée. » Le duc soutint naturellement le contraire, en disant que c'était encore là une invention de Favoriti, qui était sous l'influence antifrançaise de la reine Christine et du cardinal Azzolini1.
Les jansénistes, en combattant la régale et en excitant la curie contre Louis XIV, contre l'archevêque de Paris et contre le Père de La Chaise, espéraient soulever un conflit tel qu'un concile général deviendrait nécessaire, concile dans lequel ils auraient probablement tenté de relever les questions jansénistes. On trouve ce détail dans une dépêche de ServientàCroissy,endatedu9 avril 1681 2, ainsi que dans une dépêche du cardinal d'Estrées à Louis XIV, en date du 13 mai suivant3. Favoriti, gagné parles jansénistes à cette idée d'un concile général, chercha, mais en vain, à la faire accepter par le pape.
Le 30 mai, le duc d'Estrées, dans une lettre particulière, avertit le roi qu'il tenait d'une personne d'honneur et dans le plus grand secret « que M. Arnauld pouvait être caché dans Paris4. » Le lendemain, le cardinal d'Estrées fit part à Sa Majesté d'une négociation qui allait être tentée auprès d'elle par un capucin, délégué du pape. L'opinion du cardinal était qu'il fallait persuader à ce capucin tout ce qu'on voulait persuader au pape même. « Le plus essentiel, ajouta-t-il, est que le bon Père mande que l'on se plaintsurtout de ce que le pape n'a gardé jusqu'à cette heure aucune formalité dans les brefs qui ont choqué le roi et le clergé.. ; que le roi a été maltraité sans fondement et sans sujet, et que le clergé de France ne peut
1. Le duc d'Estrées au roi, le 29 mars 1681 (Correspondance de Rome, L CCLXXI, p. 175-213).