‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 33 sur 373 · Le même au même, le 28 mars 1G85 (ibid., p · texte numérisé non relu

Le même au même, le 28 mars 1G85 (ibid., p

par dire qu'il donnerait les mains à ce qu'on lui demanderait de juste. Donc le dernier mot de cette démarche était que le roi de France devait se désister de ses prétentions, tenues à Rome pour injustes, et s'en remettre aux décisions du pape. L'auditeur de Sa Sainteté, qui dernièrement avait assuré le cardinal d'Estrées des bonnes dispositions du pape, fut, vers ce même temps, contraint de lui avouer qu'il « voyait en lui tout d'un coup des fougues et des retours bien contraires1. »

Le roi répondit de Versailles au cardinal d'Estrées, le 20 avril : « Gomme les instances que vous et mon cousin le duc d'Estrées avez souvent réitérées au pape, me déchargent suffisamment envers Dieu de tous les désordres et scandales qu'un si long refus cause dans tous les diocèses destitués de leur pasteur, il n'y a plus qu'à laisser faire à ce pape ce qu'il jugera nécessaire pour le soulagement de sa conscience, et attendre patiemment ce qu'il plaira à la divine providence d'en ordonner 2. » Laisser faire le pape et attendre patiemment, c'était une résignation par trop mystique et par trop imprudente pour un roi, qui avait les intérêts de son royaume à sauvegarder ; aussi Louis XIV expia-t-il plus tard cette faute.

Il est probable que cette résignation ne fut pas du goût du cardinal d'Estrées : car on trouve un peu plus loin, dans cette correspondance, une note latine qui fut envoyée de Rome à Paris et qui est vraisemblablement de lui; il y est dit que, dans les conditions faites par le pape à l'Eglise de France, celle-ci avait le droit de pourvoir ellemême à ses nécessités suivant les anciens canons 3. C'était

1. Le même au même, le 10 avril 1685 (Correspondance de Rome, t. CCXCIII, p. 431-444).

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