Concordia laboris cum quiète inoratione
coup d'argent dans son logis et quelques billets pour en recevoir. Il dit que c'étaient des dépôts pour de bonnes œuvres et pour poursuivre la canonisation d'un saint espagnol. On remarque que, quand on le voulut mener dans le carrosse, ses valets, après avoir chaussé ses souliers, se jetèrent à terre et lui baisèrent les pieds... J'oubliais de dire que ce Molinos était si intimement lié avec Favoriti qu'il ne le quitta jamais à sa mort, et qu'on croit que sous son nom il faisait passer jusqu'au pape des révélations de religieuses et d'âmes dévotes, pour raffermir et l'échauffer dans les vues qu'il lui inspirait1. »
Huit jours après, le 31, le cardinal compléta ainsi les détails précédents : « Le docteur Molinos a été interrogé plusieurs fois sur les liaisons et commerces qu'il entretenait avec beaucoup de gens. Il a paru assez ferme dans les premiers interrogatoires et moins constant dans les autres. On lui afait reconnaître présentement tous les papiers qu'on a trouvés dans son logis, qui sont en très grande quantité. Cette procédure ne peut finir si tôt, et l'on n'en rendra compte à la congrégation que lorsqu'elle sera plus avancée. Mais on ne peut douter que M. Piazza, assesseur du saint office, le commissaire et son compagnon, n'agissent avec toute l'exactitude imaginable pour mettre cette affaire dans la plus grande évidence qu'ils pourront et pour en découvrir la vérité. Elle ne pouvait tomber en de meilleures mains et moins capables de se laisser surprendre par les insinuations de ceux qui protègent encore Molinos. L'assesseur a continué d'en parler à Sa Sainteté avec tant de force, qu'elle commence à cette heure à douter de la probité de Molinos; et ce qui lui fait plus de peine, c'est qu'on a démêlé qu'une ou deux révélations dont le pape avait parlé à beaucoup de gens, et dont il paraissait très persuadé, étaient venues d'une religieuse du diocèse de Narni,que l'évêque ayant examinée depuis peu, avait trouvée pleine d'orgueil et de présomp-