Correspondance de Rome, t. CCXCIV, p
tion, voulant communier tous les jours et se confessant rarement, et presque la plus imparfaite du monastère. Le pape a reconnu aussi la friponnerie et la méchanceté d'un sonneur de cloches de Saint-Pierre, mort depuis peu, que Favoriti lui faisait passer pour un saint et qui pratiquait l'oraison de quiétude1. »
D'après la dépêche du même cardinal, en date du 14 août, le procès de Molinos continuait; on n'en voyait pas encore le fond, mais il était certain qu'en tout état de choses ce docteur en sortirait discrédité. « Le pape, ditil, persiste dans les soupçons, qu'il en a conçus, et recommande aux officiers du saint office toute sorte de diligence et d'exactitude 2. »
Louis XIV, informé de tout ce qui précède, ne pouvait que se réjouir de voir le pape et Favoriti quelque peu compromis dans toute cette affaire. Il écrivit de Versailles, le 17 août, au cardinal d'Estrées : « L'emprisonnement du docteur Molinos et les égarements de sa doctrine font bien voirie te pape ne donne pas moins de créance à une dévotion apparente qu'à une véritable, et il serait à souhaiter que cet événement pût détromper Sa Sainteté de toutes les fausses impressions qu'il a reçues de semblables gens. Je serai bien aise de savoir quelle sera la suite de cette procédure3. »
Au commencement de septembre, le pape, dans l'audience qu'il accorda au duc d'Estrées, lui parla subitement de Molinos, donnant à entendre qu'il l'estimait un homme de bien, mais qu'il en jugeait la doctrine mauvaise. Le duc pensant que Sa Sainteté voulait le sonder et connaître les sentiments du cardinal d'Estrées, dit qu'il trouvait mauvais « qu'après avoir fait un acte devant Dieu l'on pût impunément et sans crime commettre toutes sortes d'abominations, et qu'on se communie souvent sans qu'il