Ibid., t. CCCX, p
28, on publia la condamnation des livres du cardinal Petrucci ; l'on a affecté de le nommer seulement évêque d'Iesi, quoiqu'il ait fait réimprimer ses livres depuis son cardinalat. Lavardin, qui rapporte ce fait, remarque qu'on prononça l'anathème, à Rome, contre 1' « excellent » livre de l'abbé du Pin, mais non contre ceux de l'hérésiarque Petrucci1.
Le 23 mars, Lavardin rapporta le fait suivant : « Le jésuite Appiani, que le dur joug de la tyrannique inquisition avait fait devenir presque insensé, ayant recouvré une partie de son esprit, que cette persécution lui avait fait perdre ou au moins égarer, a été absous de l'accusation de quiétisme; et s' étant trouvé innocent, il a été élargi, sans abjuration, des rudes prisons du saint office2. » Il ne fut toutefois remis à ses supérieurs qu'à la condition de n'être plus employé dans les directions et les confessions3.
Les faux mystiques ont toujours eu à leur suite les femmes surexcitées et les miracles supposés. Lavardin raconta, dans sa dépêche du 17 avril 1688, un faux miracle du cardinal Petrucci, qui faisait grand bruit : « Il alla, dit-il, chez le gouverneur d'Iesi dont il est évêque, suivi d'une troupe de femmes soi-disant dévotes, qui l'accompagnent ordinairement. Il reconforta le gouverneur qui était malade, et l'accès de la douleur ayant cessé un peu après qu'il lui eut fait prendre quelque plisanne (sic), ses suivantes et autres de sa suite coururent par toute la ville criant miracle, et il allait passer pour avéré, ayant été mandé de toutes parts, quand Dieu, qui se plaît à confondre les impostures, permit que l'accès reprit au malade, qui mourut le second jour4. »
1. Lavardin au roi, le 2 mars 1688 {Correspondance de Rome, t. CCCX, p. 190-209).