‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 336 sur 373 · Ibid., t. CCCX, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCCX, p

Afin de ménager le cardinal Petrucci, Innocent XI fit retirer du saint office MM. Panciatici, Botini, Altoviti et le Père Cloche; ceux qui y restaient, Schelestrat, les Pères Lebrun, Bianchi et Varèse, étaient, dit Lavardin, « des gens apostés par qui on fera faire tout ce qu'on aura envie. » « Le pape, ajoute-t-il, n'a pas honte de songer à faire ce cardinal légat d'Urbin, ce qui marque qu'il est fauteur de cette secte détestable, donnant un gouvernement au second chef de ces nouveautés également dangereuses et damnables1. » Mais, pour sauver les apparences, le pape, si même il en était informé, laissait emprisonner un quiétiste de second ordre : en effet, « un jacobin, prédicateur, qui venait (à Rome) pour faire les fonctions de grand pénitencier à Sainte-Marie-Majeure, a été mis dans les prisons du saint office pour quiétisme; il fut arrêté au sortir des terres de Toscane-. »

Il a été dit précédemment qu'en août 1687, le cardinal Chigi avait prié le cardinal d'Estrées de solliciter l'intervention de Louis XIV contre les quiétistes. Louis XIV, qui cherchait par tous les moyens possibles à faire plaisir à la curie et à montrer du zèle contre l'hérésie, écrivit de Versailles au cardinal d'Estrées, le 6 septembre 1688, une lettre dont on a conservé deux projets; à la fin du premier projet, Sa Majesté dit qu'elle a fait emprisonnera la cidatelle d'Amiens le Père de la Combe, barnabite, pour avoir répandu les erreurs des quiétistes, et elle ajoute que le général de cet ordre ne doit pas inquiéter le provincial pour cet emprisonnement3. Mais Louis XIV a sans doute considéré que, si ce détail pouvait plaire au cardinal Chigi et à d'autres adversaires du quiétisme, il ne pourrait qu'irriter Casoni et le pape; et c'est sans doute pour cette raison qu'il a été supprimé dans le second projet.

1. Dépêche du 1er juin 1688 (Correspondance de Rome, t. CCCXI,

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