Ibid., t. CCLXVII, p
pas, à la première occasion qu'il en aurait, d'en entretenir particulièrement le pape1. »
Les 27 et 28 août 1081 , le cardinal d'Estrées écrivit au roi que, jeudi dernier, dans son audience pour les affaires du vicariat de Rome, le cardinal Carpegna avait fait remarquer au pape ce que Sa Majesté faisait contre les huguenots. Le pape loua Sa Majesté, puis ajouta qu'elle « agissait aussi en cela par des fins politiques. » Le cardinal Carpegna « prétend avoir répondu que la politique demanderait qu'on traitât avec plus de rigueur plus d'un million de huguenots qui sont encore dans le royaume. » Dans cette dépêche, le cardinal d'Estrées appela « malhonnête » cette réflexion du pape2.
Le 15 octohre de la même année, le duc d'Estrées manda au roi qu'on disait à Rome que le pape serait blâmable, s'il ne faisait pas chanter un Te Deum, pour célébrer la réduction de Strasbourg, ville hérétique, parles armes de Sa Majesté3. Le 22, le duc avertit le roi que le pape ne lui avait pas dit un mot touchant la réintégration du culte catholique dans la cathédrale de Strasbourg4; et le 12 novembre, le roi lui répondit de Fîmes qu'il était très irrité du peu d'égard que le pape montrait pour le zèle avec lequel il avait rétabli le culte catholique dans la cathédrale de Strasbourg, et du*peu de désir qu'il manifestait de s'entendre avec lui3. Il est évident que la froideur du pape dans cette circonstance ne provenait pas d'une prétendue sympathie pour les protestants, mais uniquement des conflits qui existaient à cette époque entre lui et Louis X1Y. Toutefois, pour calmer l'irritation du roi, il inventa une explication qu'il fit donner au duc d'Estrées par le cardinal Gibo. Le duc d'Estrées, dans sa dépêche du 12 novembre, dit en effet, d'après l'assurance que lui en avait