‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 345 sur 373 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

donnée ce dernier, que le pape s'était persuadé qu'il s'agissait du rétablissement du culte catholique, non dans la cathédrale de Strasbourg-, mais dans quelque autre église particulière, et que Sa Sainteté, une fois détrompée, «avait été fort aise d'apprendre sûrement que ce fût l'église cathédrale, et qu'elle en avait donné beaucoup de louanges à Votre Majesté1. »

Pendant qu'Innocent XI félicitait ainsi Louis XIV de ses mesures contre les protestants, il était mécontent de l'attitude contraire de l'empereur. Le cardinal Pio lui ayant représenté la nécessité où était l'empereur de rendre auxhérétiques le libre exercice de leur religion et une partie des biens et des églises qu'on leur avait enlevés, il répondit à ce cardinal «qu'il n'approuver ait jamais cette restitution,... mais qu'il remettrait à la conscience de l'empereur à régler ce qu'il croyait indispensable de faire2. »

Le 13 novembre 1681, l'abbé de Servient écrivit qu'il avait eu une audience du pape; qu'il l'avait pressé de s'accommoder avec un roi si zélé pour l'extirpation de l'hérésie; et que le pape, ému de ce beau zèle, avait pleuré".

Ou lit dans la dépêche du duc d'Estrées au roi, le 21 janvier 1682 : « J'eus une occasion fort à propos de lui parler des conversions d'hérétiques qui se faisaient continuellement en France, et de lui dire que M. le cardinal d'Estrées avait encore reçu depuis peu des lettres de M. l'évêque de Poitiers, qui lui en marquait un très grand nombre. Sur quoi le pape ayant loué extrêmement la piélé de Votre Majesté, son zèle et son application pour l'avantage de la religion, je lui dis que je ne doutais pas que Sa Sainteté n'eût des sentiments

1 Correspondance de Rome, t. CCLXXII, p. 316-357.

2. Le cardinal d'Estrées an roi, le 5 novembre 1681 (ibid t. CCLXXIV, p. 430-435).

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