‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 351 sur 373 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

entra dans cette matière avec une effusion de joie et de paroles qui ne fut pas affectée. Il me tint près d'une heure sans changer jamais de sujet... Je lui dis qu'une seule action de cette nature suffisait pour immortaliser le nom et la gloire d'un prince. Il en convint comme moi... Enfin, je l'excitai en peu de paroles à se réunir tout à fait avec Votre Majesté, dont il faisait le panégyrique, dont il exaltait la sagesse, la valeur... Il me protesta plusieurs fois qu'il ne souhaitait rien plus ardemment au monde que la salute délie anime per la gloria di Vostra Maesta; qu'il n'était pas double, ni de seconde intention; qu'il connaissait les artifices, mais qu'il n'en usait pas; et qu'en un mot il n'était pas romanesque (il se servit de ce terme); et que Dieu savait qu'il me parlait sincèrement et qiïil me priait de V écrire de cette sorte. Je lui répondis de mon côté que la vénération que Votre Majesté avait pour sa vertu, dès le temps de son cardinalat, subsistait toujours dans le cœur de Votre Majesté, quoique plusieurs choses auraient pu l'altérer... Je vis que cela lui faisait un très grand plaisir; et comme il est fort sensible à la gloire, il ne peut rien sentir qui le touche plus agréablement que de se croire estimé de Votre Majesté, dont il a toujours douté, et sur quoi les malintentionnés n'ont rien oublié pour lui inspirer une créance toute contraire. Voilà, Sire, comme mon audience se passa. » Le cardinal d'Estrées ajouta que tous les cardinaux, même le cardinal Pio, admiraient le roi, et qu'un bref très flatteur du pape devait être envoyé à Sa Majesté par cet ordinaire1. Ce bref est daté du 13 novembre, et le roi y répondit le 7 décembre2. Il n'y a donc pas plus à douter des sentiments de la curie que de ceux d'Innocent XI.

A la même date (13 novembre 1685), le duc d'Estrées écrivit au roi que, dans sa dernière audience, le pape avait loué Sa Majesté de la révocation de l'édit de Nantes

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