Ibid., t. CCCIII, p
des prélats très dignes des bulles dont on les frustrait, et qu'il était d'ailleurs aisé à Sa Sainteté de s'enquérir de leurs dispositions à l'égard du saint siège1. Le 22 du même mois, le cardinal dépêcha à Sa Majesté qu'on refusait à l'abbé de Mauroy, confondu sans doute avec l'abbé de Maucroy, les bulles de l'abbaye de Nourlac, et cela, parce qu'il avait été, disait-on, de l'assemblée du clergé, en sorte que l'exclusion avait lieu non seulement pour les évêchés, mais aussi pour les abbayes 2. D'après le dire du Père Etiennot, le cardinal d'Aguire serait convenu, au mois d'octobre suivant, de l'obstination du pape, de son peu de connaissance des affaires ecclésiastiques, et il se serait montré « de plus en plus disposé à contribuer à la provision des Églises de France ». Le cardinal d'Estrées lui fit donner par ce Père quelques livres qu'il souhaitait et dont il se loua fort3. Néanmoins le pape s'opiniâtra dans son procédé, et en décembre 1687, il y avait, selon Lavardin, trente-six diocèses vacants en France 4. Gomme nous l'avons vu, le cardinal d'Estrées se rangea à l'avis de Talon sur cette question % et Lavardin engagea aussi le roi à faire sacrer les évêques par les métropolitains sans l'approbation du pape6. Le pape ne s'en effraya pas; il ne commença à sentir quelque crainte qu'au mois de mars 1688, lorsqu'une descente de Sa Majesté en Italie lui parut possible ; alors, pour l'empêcher et pour gagner du temps, il fit semblant de vouloir terminer cette affaire des évêchés7.
1. Le cardinal d'Estrées au roi, le 13 avril 1687 (Correspondance de Rome, t. CCCIII, p. 286-335).