Ib id., p
3. Le cardinal d'Estrées au roi, le 7 octobre 1687 (ibid., t. CCCV, p. 314-343).
4. Lavardin au roi, le 2 décembre 1687 (i&id.,t.CCCVII,p. 263-290).
5. Le cardinal d'Estrées au roi, le 26 décembre 1687 (ibid.> t. CCCVI, p. 214-263).
6. Ibid.y t. CCCV1I, p. 354-360; Lavardin au roi, le 26 décembre 1687.
7. Le cardinal d'Estrées au roi, le 23 mars 1688 (ibid., t. CCCXIII, p. 329-344).
Au fond, il n'en était rien; car, le mois suivant, il avoua à Lando qu'il était prêt à rompre le concordat. « Quand le roi n'en aurait point envie, dit-il, nous ferons ce que nous pourrons pour l'abolir *. »
En janvier 1689, le cardinal d'Estrées dit au pape que, si l'on voulait, il se faisait fort de résoudre toute cette question dans une après- dînée avec n'importe quel cardinal. Le pape répliqua qu'il y avait beaucoup de choses à considérer. « Je voyais visiblement, poursuit le cardinal, qu'il voulait éluder tous les moyens que je proposais pour la diligence et pour la décision. J'ajoutai enfin que Sa Sainteté devait être informée une bonne fois que ce qu'on pouvait désirer des évêques nommés se réduisait à trois points. Le premier, au déplaisir et à la douleur de se trouver privés des bonnes grâces de Sa Sainteté. Le second, que, lorsqu'ils avaient publié leurs opinions, ils n'avaient pas prétendu décider des dogmes et ne l'avaient pas fait dans le dessein d'offenser Sa Sainteté, mais pour faciliter aux hérétiques du royaume le retour à l'obéissance du saint siège, en les détrompant de toutes les faussetés odieuses dont leurs ministres les prévenaient contre le pape et l'Eglise romaine. Le troisième, qu'ils avaient juré et professé de cœur et de bouche, et le professaient encore, la formule de foi prescrite par le concile de Trente et publiée par Pie IV...; qu'on ne pouvait leur demander autre chose et qu'il serait inutile de le prétendre, et qu'ainsi cette affaire ne demandait pas une longue discussion.» Mais le pape ne voulut rien conclure. «D'où je tirai une conséquence assez vraisemblable, dit encore le cardinal d'Estrées, qu'il ne songeait qu'à gagner du temps, et cependant se mettre à couvert de la venue des troupes.» Le cardinal ajouta : « L'abbé de Servient, un mois après mon arrivée à Rome, m'avait dit et me l'avait répété plusieurs fois, ajoutant même qu'il l'avait écrit en France à
1. Lavardin au roi, le 6 avril 1688 (Correspondance de Rome, t. CCCX, p. 291-310).
des ministres, qu'un cardinal qui animait le plus Sa Sainteté se vantait que ces brouilleries exciteraient enfin une guerre d'ecclésiastiques en France et par ce moyen changeraient il sistema degVaffari di Europa. » Le pape appela cela un conte. Le cardinal soutint que ce n'était nullement inventé; « que Pignatelli était le confident intime du cardinal Azzolin; qu'il n'avait point de secret pour l'abbé de Servient, qui, d'ailleurs, n'était point mal avec ce cardinal ; qu'il en avait rendu compte à la cour en ce temps-là, et que les lettres y étaient encore; que par cet échantillon, il pouvait connaître la qualité des conseillers dont il se servait1. »
Vers ce même temps, le cardinal Lauria et le cardinal d'Estrées élaborèrent plusieurs projets de la lettre que les évêques nommés pourraient envoyer au pape pour le tranquilliser et pour en obtenir leur confirmation2. Ces projets furent soumis à Louis XIV, qui, le 3 mars 1689, écrivit de Marly au cardinal d'Estrées, pour lui dire qu'il rejetait celui du cardinal Lauria et qu'il ne saurait admettre, dans les autres, aucune expression capable de donner la moindre atteinte aux actes de l'assemblée de 1682 3.
Le mois d'août suivant, Innocent XI mourut, sans s'être désisté en rien. Le 26, Louis XIV recommanda au duc de Chaulnes d'exiger du futur pape, avant son élection, l'engagement d'envoyer les bulles ((sans aucune condition ni réserve,» lui promettant toutefois, à la rigueur, de lui faire remettre la ville d'Avignon et le Comtat-Venaissin 4. Mais le duc de Chaulnes était fort peu au courant de celte question; le cardinal d'Estrées écrivit même au roi le 15 octobre suivant : « Je lui donnai quelque connaissance de
4. Le cardinal d'Estrées au roi, le 12 janvier 1689 (Correspondance -de Rome, t. CCCXXI, p. 62-117).