Correspondance de Rome, t. GCXC, p
2. Le duc d'Estrées au roi, le 12 septembre 1684 (ibid., t. GCXCII, p. 162-186).
16 mars 1685, post-scriptum non signé, mais évidemment de M. de Croissy, met à nu le procédé de Louis XIV. En voici la teneur : « Le roi m'ordonne, monsieur, de vous envoyer le mémoire ci-joint, qui vous informera exactement de tout ce qui a été fait depuis quelque temps pour ramener ceux de la R. P. R. à la catholique, et Sa Majesté remet à votre prudence d'en faire à la cour où vous êtes tout le bon usage que vous pourrez ; et je suis bien persuadé aussi que ces marques si éclatantes du zèle de Sa Majesté pour le bien de la religion feront plaisir à un pape aussi saint et aussi vertueux qu'est celui d'à présent*. »
Le roi écrivit encore au même, de Versailles, le 18 mai 1685 : « Comme Sa Sainteté ne peut être excitée à rétablir avec moi une parfaite intelligence... par ce que je fais tous les jours dans mon royaume pour l'extirpation de l'hérésie et pour réunir tous mes sujets dans une même croyance, il ne faut plus espérer que rien au monde soit capable d'inspirer à Sa Sainteté les sentiments qu'il serait à désirer pour le bien de l'Eglise2. » Ce désespoir de Louis XIV montre évidemment que la tactique susdite était, à ses yeux, son meilleur argument et son suprême moyen d'action.
Toutefois, le roi ne se tint pas pour battu, malgré cette opiniâtre résistance du pape. Le 28 juin de la même année, il envoya de Versailles au cardinal d'Estrées un mémoire intitulé : « Mémoire touchant la commission de rassemblée du clergé de France sur l'exposition de la foi de l'Eglise. » — Il y est dit, entre autres choses, que l'assemblée du clergé « a intention de s'adresser au roi comme fils aîné et protecteur de l'Église catholique, pour le supplier ou d'arrêter par des défenses le cours des injures qui sont faites à la foi, ou. d'en punir sévèrement les auteurs, en faisant démolir les temples où ces