Correspondance de Rome, t. CCXC1V, p
Le 12 octobre 1685, LouisXIV écrivit de Fontainebleau à l'ambassadeur, qu'en Languedoc, sur 182000 personnes de la R.P.R., il n'en resterait pas une, le 20 de ce mois, qui ne fût convertie; que plus des trois quarts étaient déjà convertis, et que Dieu le bénissait visiblement1. Évidemment, cette nouvelle à effet était envoyée au duc d'Estrées pour être rapportée au pape. A la fin du même mois, ce même duc pressa le pape de faire un accommodement avec Louis XIV et d'entrer en matière. Le pape dit que ses intentions et ses désirs étaient connus depuis longtemps, et il chargea le duc "de remercier Sa Majesté de tout ce qu'elle faisait pour la religion2.
Une très curieuse lettre de Louis XIV, envoyée de Fontainebleau au duc d'Estrées le 19 octobre, se trouve au tome CCXCYI de cette Correspondance de Rome, p. 163- 165. Après lui avoir dit qu'il lui envoie copie de redit qui interdit l'exercice de la R.P.R. dans tout son royaume, le roi ajoute ce qui suit. Avant de donner le texte de cette lettre, remarquons qu'il y a eu'deux rédactions et que leurs variantes sont significatives.
Première rédaction : « Vous pouvez annoncer ce miracle (la révocation de l'édit de Nantes) à ceux qui y voudront prendre part à la cour où vous êtes, afin que tout le monde connaisse que, dans le temps que j'emploie mes principaux soins, toute mon autorité, et de très grandes sommes d'argent à réunir àl'Église des millions d'âmes. . . , Sa Sainteté, bien loin de me donner, etc.
Deuxième rédaction : « Vous pouvez dire cette nouvelle à ceux qui y voudront prendre part à la cour où vous êtes, et je m'assure qu'il n'y aura personne, et dans le temps présent et dans les siècles à venir, qui ne soit surpris d'apprendre que, plus il a plu à Dieu de se servir de mon zèle, de mon application, de mon autorité et de tous les moyens que sa divine Providence m'a mis en