Correspondance de Rome, t. CCXCVI, p
désespérons pas d'en tirer quelque avantage du côté du pape, et nous pourrons peut-être parce premier ordinaire mander quelque chose de plus à Votre Majesté ; si le cœur de Sa Sainteté, déjà bien préparé par la rémission des affaires du Palatiuat et véritablement attendri par ce grand événement, ne s'ouvre aux voies d'un accommodement, j'en désespérerai pour toujours. Il est certain que ce coup l'a pénétré l. »
Le 29 novembre, Louis XIV écrivit de Versailles au duc d'Estrées qu'il s'étonnait que le pape, nommé par lui arbitre dans le différend de la succession palatine, ne lui donnât aucune satisfaction. Puis il ajouta : « Il y a encore bien plus de sujet de s'étonner que le succès de mes soins et de mon application pour V extirpation de V hérésie dans toute V étendue de mon royaume, fasse si peu d'impression sur l'esprit de Sa Sainteté, qu'elle ne veuille pas témoigner y prendre aucune part, ni me donner les facilités qui dépendent d'elle pour l'achèvement de cet ouvrage2. » Innocent XI était certes loin d'être indifférent k cette extirpation ; mais il ne voulait pas que ce tût un marché entre le roi et lui. Persuadé que le roi, conduit par les jésuites de France, resterait toujours hostile au protestantisme et toujours attaché au saint siège, il refusait toute concession ; certain de n'être pas amoindri par Louis XIV, il ne voulait pas concourir à s'amoindrir lui-même, et il défendait opiniâtrement contre les gallicans les privilèges de la papauté : il laissait écraser les protestants par le roi, par les gallicans et les jésuites, et il cherchait à écraser lui-même les gallicans. Tel était son jeu, plus habile que celui de Louis XIV.
Le monarque froissé revint encore à la charge dans la lettre qu'il écrivit de Versailles au cardinal d'Estrées, le 6 décembre. En voici le texte : « Mon cousin, j'apprends, par votre lettre du!3 novembre, le bon effet qu'a produit,