Ibid., p
3. Dépèche du 17 avril 1686 {ibid., t. CCXCVIII, p. 151-170).
mais encore à « l'abolition entière de la religion protestante dans les pays cédés à Sa Majesté l. » Certes, on ne pouvait parler plus clairement. Néanmoins le pape voulait autre chose qu'un traité. Le cardinal d'Estrées le pressa d'engager l'empereur à envoyer ses pouvoirs à Ratisbonne, car Louis XIV voulait de sa part des assurances pacifiques. Le pape écrivit alors à l'empereur pour le prier d'assurer la paix de concert avec le roi de France.
D'autres dépêches montrent que Louis XIV considérait les prétendus schismatiques d'Orient comme les protestants d'Occident, c'est-à-dire comme une matière à sacrifice, pour faire plaisir au pape et pour obtenir de Sa Sainteté, une fois satisfaite, tout ce qu'il en désirait.
Après tous ces documents, toutes ces correspondances échangées, toutes ces confidencesinlimes etsecrètes, toutes ces négociations, la lumière me semble faite, et il n'y a pas plus à se méprendre sur les intentions d'Innocent XI et sur le plan poursuivi par la curie romaine à l'égard des prolestants, que sur les sentiments et les procédés de Louis XIV. L'un et l'autre voulaient l'extermination des protestants, Louis XIV en vertu d'une politique de compromis, Innocent XI en vertu d'un principe, principe d'intolérance, auquel il tenait d'autant plus qu'il était l'âme de son âme et de son Eglise.
La postérité dira un jour lequel, du grand roi ou du grand pape, a été le plus petit et le plus néfaste, celui-là, en conduisant, par sa fausse grandeur et sa fausse politique, la monarchie française à sa ruine, celui-ci, en précipitant, par sa fausse morale et sa fausse religion, l'Eglise romaine dans une voie sans issue.