Ibid , t. CCCXXIIl,p
cette affaire, dont je le trouvai entièrement dénué1. t> Le pape, qui était fort habile, avait donc beau jeu. Louis XIV, se laissant aller de concession en concession, écrivit le 20 au duc de Chaulnes qu'il céderait encore les immunités et que les évèques nommés enverraient au pape une lettre conforme à la profession de foi du concile de Trente, lettre dont il lui ferait parvenir une copie par le premier ordinaire2. Le 25 novembre, le roi insista de nouveau auprès du duc pour qu'il réglât au plus tôt la régale et les bulles3. Le 23 décembre, nouvelle instance du roi, qui attendait une solution avec impatience. « Il faut, dit Sa Majesté, séparer l'expédition des bulles du différend qui regarde les propositions du clergé, et la première ne sera pas plus tôt accordée qu'on tâchera de part et d'autre d'adoucir les sujets de chagrin par des tempéraments, ainsi que je vous l'ai déjà écrit, qui peuvent être plutôt tolérés que prescrits dans mon royaume4. » Enfin, le 6 janvier 1G90, Louis XIV ajouta que, lorsque les bulles seraient accordées, il apporterait «de lui-même tous les adoucissements praticables à l'exécution de sa Déclaration 5»; et Croissy écrivit de son côté : « Le pape ne peut retarder plus longtemps l'expédition des bulles, à moins qu'il ne veuille donner au roi les mêmes sujets de plainte que son prédécesseur G. » C'était en effet l'intention d'Alexandre VIII, comme d'Innocent XI, de poursuivre la rétractation de la déclaration du clergé, et de ne céder les bulles aux évèques nommés qu'à cette condition. Alexandre VIII, qui avait été mêlé, comme cardinal, à la tractation de toutes les affaires et à la combinaison de toutes les intrigues, avait constaté que le cabinet de Versailles avait