Ibid., t. CCLXX, p
rairesetsi schismatiques, qu'aucun ecclésiastique, selon lui, ne pouvait les soutenir sans infamie dans ce monde et. sans réprobation dans l'autre, et qu'aucun homme de la cour de Rome, le plus favorable pour nous et le plus contraire au présent pontificat, ne pouvait s'empêcher de détester publiquement et sans contrainte l ».
Le cardinal d'Estrées, dans son embarras à faire face aux colères du pape et de la curie, consulta Servient sur ce qu'il convenait de faire. Ils arrêtèrent que le cardinal demanderait une audience, et qu'il lui parlerait de manière à faire ressortir que les évêques de France qu'on estimait le plus à Rome, MM. de Saint-Pons, de Rieux, d'Agde, d'Arras, étaient cependant partisans des quatre articles, et de manière à lui inspirer des craintes à l'endroit de ses parents, en les rendant responsables des mauvaises dispositions qu'ils fomentaient dans l'esprit de Sa Sainteté contre la France. Servient, considérant que les moyens modérés déplaisaient aux conseillers du pape, mais que les moyens violents répugnaient au tempérament du pape, à son irrésolution naturelle, à sa crainte pour sa famille, à son imagination qui lui faisait entrevoir mille dangers pour sa cour, opina que, dans cet état de choses, le pape garderait le silence; et c'était à quoi le cardinal d'Estrées voulait arriver 2. Dans sa dépêche du 2 mai, Servient rapporta l'opinion d'un théologien romain qu'il qualifia de très habile homme; or ce théologien trouvait « que la dernière résolution de l'assemblée et de l'édit était un chef-d'œuvre pour le sens et la diction, et qu'il n'y avait pas un terme à censurer2 ».
Pendant ce temps, Louis XIV écrivait de Saint-Cloud au cardinal d'Estrées : «11 ne se peut rien ajouter à tout
1. Mémoire de Servient sur le cardinal Azzolini, le 29 avril 1682 (Correspondance de Rome, t. CCLXXX, p. 306-309).