Correspondance de Rome, t. CCLXXX, p
censure. J'ai voulu pénétrer si cet avis est fondé, je l'ai trouvé juste; et celui qui me l'a confirmé m'assure que le pape, qui n'avait pas voulu s'y résoudre, ne s'y est ensuite déterminé que parce qu'on lui a fait espérer que ï exécution de Vèdit serait suspendue. Cette seule apparence de relâchement les ayant fortifiés au lieu que leur courage était à bout, on m'assure même que la qualification paraîtra plus tôt ou plus tard, selon le plus ou le moins d'action qu'on aura du côté de France, qui réglera leur crainte ou leur courage. La douceur n'opérera rien; elle n'est bonne que pour orner les discours qu'on peut faire ici; mais les actions de fermeté sont essentielles, comme les suites le prouveront aussi clairement que l'expérience du passé... Le cardinal d'Estrées a fait courir une lettre de saint François de Sales, capable de dissuader Sa Sainteté des engagements où l'on voudrait la faire entrer. Favoriti dit qu'elle est inventée1. »
Le 22 mai, le cardinal d'Estrées dépêcha au roi que le pape paraissait plus modéré. Mais, — il y avait un mais, et un mais qui confirmait la dernière information de Servient, — « J'ai su, dit-il, que Favoriti avait envoyé à plusieurs théologiens les articles de l'assemblée, de la part du pape, avec ordre de les examiner diligemment et de qualifier les propositions, laissant entendre que Sa Sainteté voudrait les condamner ensuite2. » Le cardinal ajouta « que le pape avait ordonné aux généraux d'ordre d'écrire en France à leurs inférieurs de résister à la souscription et à la profession publique des articles contenus dans la déclaration de l'assemblée »3.
C'est clans cette confusion que s'acheva le mois de mai et que fut prise la résolution du 28, par laquelle Louis XIV déclarait au cardinal d'Estrées accepter la sus-