‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 50 sur 373 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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par cette mesure un schisme dont il aurait à rendre compte l. De son côté, le cardinal d'Estrées assura le pape que l'assemblée n'avait pas voulu décréter de dogme, et tacha de le prémunir contre la cabale qui s'agitait autour de lui. Le pape lui répliqua qu'il n'était pas « un homme à se laisser raggirare, c'est-à-dire gouverner ». « Je lui répondis, dit le cardinal d'Estrées, que je savais qu'il n'en était pas capable, mais qu'il pouvait être trahi et trompé, comme les plus grands hommes le sont. » Le compliment était visible, le cardinal parlait en diplomate ; mais, sous ce compliment diplomatique, perçait la négation de l'infaillibilité du pontife, « qui pouvait être trahi et trompé. » Le cardinal ajouta: « J'ai appris avec certitude qu'on avait écrit par ordre de Sa Sainteté, samedi dernier, à quelques universités, pour les engager à soutenir l'autorité du pape et à combattre la déclaration du clergé. Celles qu'on m'a nommées sont Cologne et Douai, gouvernées par les jésuites et qu'on suppose fort prévenues des opinions de la cour romaine, Salamanque, Alcala et Conimbre; on n'a pas voulu écrire directement à l'université de Louvain, parce qu'on ne la croit pas favorable; mais quelque particulier s'est chargé de pressentir si quelques docteurs se pourraient résoudre d'écrire ; je ne pense pas qu'on tire de grands secours de Louvain. L'université de Douai est sujette de Votre Majesté. J'ai su quelque chose des docteurs de Cologne, qui marque que leurs sentiments sur l'autorité du concile et l'infaillibilité du pape n'étaient pas autrefois différents de ceux de l'université de Paris. Je ne doute pas que celles d'Espagne ne disent ce que le pape voudra. A Conimbre, selon ce que l'ambassadeur de Portugal m'en a parlé avant que de partir, ils n'attaqueront pas la première proposition, qui regarde l'indépendance des rois, mais ils seront apparemment contraires aux deux (sic)

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