Correspondance de Rome, l. CCLXXXIV, p
autres1. » Ce renseignement a son prix, en ce sens qu'il montre que le mot d'ordre partait de Rome et s'étendait même aux universités, pour répandre les doctrines papistes dans toute l'Europe.
Le 30 juillet, Servient avertit Croissy que le pape était de plus en plus dominé par les mal intentionnés, et même résolu à faire publier prochainement la censure des quatre articles2. Le cardinal d'Estrées, ayant appris qu'une congrégation de théologiens avait été convoquée pour qualifier les articles, écrivit au cardinal Cibo pour que Son Imminence en détournât le pape. Mais le pape ne voulut pas y consentir, disant « qu'il ne s'agissait point de faire aucun nouveau pas, qu'il était permis en tout temps de faire une consultation, et qu'il était bien étrange que M. le cardinal d'Estrées voulût faire passer pour une nouveauté une assemblée dont il ne paraissait rien au dehors et dans laquelle on n'avait rien à déterminer». Le cardinal d'Estrées demanda alors à parler personnellement au pape; mais le maître de chambre s'y opposa, disant que Sa Sainteté dormait. Le cardinal rentra alors chez lui et écrivit au pape une lettre assez ferme, qui le détermina à ne pas laisser cette congrégation de théologiens se réunir. Le cardinal fit aussi remettre au pape un mémoire clans lequel il protestait contre la composition de cette congrégation; Favoriti, au lieu d'y introduire les théologiens les plus capables de Rome, avait, en effet, choisi neuf ou dix fanatiques, dévoués au cardinal Azzolini et à la reine de Suède. Le cardinal d'Estrées demandait au pape que Favoriti et Azzolini fussent exclus de toute négociation concernant les affaires de France. Le pape eut peur et s'ouvrit de nouveau avec le cardinal de Luca, qui, aidé des cardinaux Ludovisio et Golonna, sembla reprendre un peu d'influence. Mais ce n'était qu'une lac-
1. Le cardinal d'Estrées au roi, le 30 juillet 1682 (Correspondance de Rome, t. CCLXXXIV, p. 129-149).